La mise en garde historique de Aziz Akhannouch !

AUTORISATION PAR REBBAH DU DRAGAGE DU SABLE DE MER À LARACHE

Jeudi 17 septembre 2020, le parlement crée une commission chargée de passer au crible les marchés publics et les autorisations relatifs aux carrières de sable.

La rente vit des jours difficiles au Maroc. Au département des Mines, de l’Energie et de l’Environnement, une autorisation d’extraction du sable de mer, au large de Larache, octroyée à la société Drapor par le ministre pjdiste Aziz Rebbah fin août 2020 (Maroc Hebdo au quotidien numéro 84), semble avoir ouvert une porte de l’enfer sur ce dernier.

Jeudi 17 septembre 2020, le parlement crée une commission d’inspection chargée de passer au crible les marchés publics et les autorisations accordés par le ministère des Mines, de l’Energie et de l’Environnement relatifs aux carrières de sable.

Le lendemain, le groupe parlementaire du PAM insiste pour crever l’abcès. Il saisit Rachid Hamouti, président désigné de cette commission, au sujet de l’autorisation octroyée à Drapor pour le dragage du sable marin à Larache afin que ce dossier, entaché d’anomalies, fasse partie des dossiers que la commission d’inspection examinera.

L’intriguant, c’est que depuis 1997, la société en question a renouvelé sa demande de cette autorisation. Les refus ou les absences de suites données à sa requête ne l’a pas empêchée de tenter à nouveau sa chance avec les ministres pjdistes. Du temps où Amara était chargé du département des Mines, Drapor n’a pas eu la fameuse autorisation. Mais elle n’a pas eu droit au refus non plus. C’était déjà un succès puisque Amara n’a pas accordé d’importance à une étude scientifique réalisée par sa «collègue» du parti, alors ministre de l’Environnement, Nezha El Ouafi, qui a conclu aux dangers du dragage de ce type de sable sur l’écosystème marin, l’environnement du littoral et la pêche. N’eût été cette étude, cette autorisation aurait été délivrée par Amara. Ce dernier a été pourtant averti par rapport aux dangers de telles autorisations par son collègue au gouvernement, en l’occurrence Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture et de la Pêche.

Problèmes environnementaux
Le 17 février 2014, M. Akhannouch a répondu, par écrit, au député du groupe parlementaire istiqlalien, Adil Benhamza, à propos des problèmes environnementaux et les difficultés que rencontrent les pêcheurs au niveau de la plage Mehdia. «Je vous assure que le ministère de l’Agriculture et de la pêche est au courant des répercussions négatives et socio-économiques engendrées par cette exploitation chaotique et excessive. Une conclusion à laquelle est parvenu, également, l’Institut national de recherche halieutique dans son rapport détaillé qui a démontré que le dragage des sables de mer cause de gros dégâts à l’environnement et à l’écosystème maritime… Je porte à votre connaissance que nous avons envoyé deux correspondances à cet effet à M. le ministre de l’Equipement tout en lui demandant de suspendre le projet d’appel d’offres relatif à l’exploitation du sable de mer dans quatre sites… Mais aussi pour convenir d’une date pour une réunion urgente entre les deux ministères afin de résoudre cette problématique », a écrit M. Akhannouch.

Ce plaidoyer, documenté pour l’histoire, témoigne d’un cas de conscience d’un ministre qui se soulève contre une activité rentière qui n’a que des inconvénients et des répercussions graves sur l’environnement et sur la source de gagne-pain de plusieurs centaines de milliers de pêcheurs. Autant la réaction de M. Akhannouch est salutaire, autant celle de son co-équipier, Abdelkader Amara, est condamnable sachant qu’il a fait fi des résultats de l’étude scientifique qui émane de son propre département.

Si Amara n’a pas statué sur la demande de Drapor, c’est pour ne pas clore le dossier une fois pour toutes et pour laisser la porte entrouverte à son successeur Aziz Rebbah. Ce que n’a pas pu faire Amara, son «frère» du parti l’a fait !.


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