Les ministres PJD ignorent les élus de la nation

Le parlement se saisit de l'affaire Ramid-Amekraz

A une question posée par le coordinateur du groupe CDT à la Chambre des conseilleurs sur la situation des salariés du secteur privé à la CNSS, le ministre d’Etat chargé des relations avec le Parlement et des droits de l’Homme, Mustapha Ramid, répond que le ministre Mohamed Amekraz est très occupé en ce moment pour venir s’expliquer.

La polémique ne cesse d’enfler sur la scène politique marocaine après le scandale de la non-déclaration, de longues années durant, des avocats- ministres Ramid et Amekraz de leurs employés à la à la Caisse Nationale de sécurité sociale (CNSS). Ces deux piliers, devenus célèbres grâce à leur «faites ce que je dis mais pas ce que je fais», ont jeté un pavé dans la mare en révélant une monnaie courante au sein d’une large catégorie de cabinets d’avocats mais aussi au sein de plusieurs activités libérales.

L’occasion pour les députés et les conseillers de la nation d’interpeller le ministre du Travail et de l’emploi sur cette infraction pénale devenue un peu une pratique courante. Sauf que M. Amekraz a fait tout pour esquiver une confrontation au Parlement. Le ministre du Travail et de l’Insertion professionnelle n’est pas à son premier refus de s’expliquer.

Aveux et excuses
Il n’a pas daigné répondre à une question orale dans ce sens posée par Omar Balafrej, député FGD dans l’hémicycle de la Première chambre. Pire, à une question posée par le coordinateur du groupe CDT à la Chambre des conseilleurs, Elmoubarik Sadi, sur la situation des salariés du secteur privé à la CNSS, ce dernier a reçu une réponse du ministre d’Etat chargé des relations avec le Parlement et des droits de l’Homme, Mustapha Ramid, où il explique que M. Amekraz est très occupé en ce moment. Ni plus ni moins, assure M. Sadi. ‘’C’est un dénigrement de l’institution législative. Car le gouvernement est tenu, au regard de la Constitution, de répondre aux représentants de la nation. Sa réponse n’est pas facultative.

Le pire, c’est quand le Chef du gouvernement a déclaré au parlement que dans le cadre de cette affaire, sa formation politique est visée par certaines parties. Alors que les deux ministres auraient pu passer aux aveux et présenter leurs excuses aux Marocains, tout en assumant les conséquences qui peuvent s’ensuivre’’, nous confie Elmoubarik Sadi.

Rien d’étonnant que le ministre du travail n’a pas daigné répondre aux questions des députés et des conseillers au sujet d’une infraction pénale que lui-même et son collègue au gouvernement, avocat lui aussi, en l’occurrence Mustapha Ramid, n’ont pas déclaré leurs employés à la CNSS, quand on sait que le verdict du PJD dans l’affaire de ses deux ministres est tombé vendredi 3 juin 2020 et que le secrétariat général du parti a reconnu les “frères” Ramid et Amekraz coupables de transgresser la loi, mais ils les ont absous de toute violation des règles d’honnêteté et de transparence: “les cadors du PJD qui prennent la charge des responsabilités publiques ont toujours fait honneur au parti.

Ainsi, les erreurs qui peuvent être commises par les militants du parti ne le rapetissent pas, ces derniers prennent l’initiative euxmêmes ou à travers le parti de les corriger”, lit-on dans le communiqué, signé par le n°2 du PJD, Slimane El Amrani. Pourquoi s’intéresse-t-on donc encore à la politique quand on sait que ceux qui seront portés au pouvoir appliquent leurs propres lois, pas nécessairement celles qui régissent le commun des Marocains ?


1 commentaire

  • ben mhammed

    9 Juillet 2020

    Les ministres ignorent les élus ,ces derniers ignorent le citoyen,le citoyen complètement a cote de la plaque(malgré lui) ignore qu il a un pouvoir que toutes les puissances mondiales craignent "tout ce mic mac fait le bonheur de ceux et celles qui sont bien installes dans les salons bien feutrés

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