Déclarations du "ministre sahraoui" Mustapha Sidi El Bachir, à Paris

"La RASD n’est pas un Etat"

Mustpaha Sidi El bachir, un responsable de la fantomatique République arabe sahraouie démocratique (RASD) a fait des déclarations pour le moins surprenantes. Il a reconnu sans détour que la RASD n’existe pas et qu’il est, au même titre que tous les dirigeants du Polisario, un simple réfugié.

S’agit-il encore d’une de ces manipulations des services de renseignement algériens ou tout bonnement d’un moment de vérité où un responsable de la fantomatique «République arabe sahraouie démocratique (RASD)» exprime, dans une rencontre privée, son ras-le-bol?

Les faits, d’abord. Lundi 20 décembre 2021 à Mantes-la-Jolie, une ville proche de la banlieue de Paris, à l’occasion d’une réunion avec la communauté sahraouie installée en région parisienne, Mustapha Sidi El Bachir, qui dirige depuis le 1er novembre 2021 le «ministère des territoires occupés et de la diaspora sahraouie», a surpris l’assistance par des propos tout sauf attendus. La scène a été filmée et diffusée le jour même. «Je ne suis pas un ministre des territoires occupés, et je me mentirais si je le croyais.

Je ne suis qu’un réfugié inscrit à la circonscription de Mahbès. Je ne vais pas vous mentir, je ne suis pas un ministre. Notre ministre des Affaires étrangères, Ould Salek, est basé à Alger. Notre Premier ministre, Bouchrya Beyoun, n’est pas un chef de gouvernement. Brahim Ghali est également un réfugié enregistré à la circonscription de Lagouira, sous le nom de Ghali Sid El Mustapha, et il n’y a pas de Brahim. Il n’est pas considéré auprès de l’agence des réfugiés comme président d’un Etat ou un haut cadre. Tous les Sahraouis sont des réfugiés qui vivent grâce à l’aide de l’Algérie», a-t-il lancé sans ambages.

Si ses propos se révèlent vrais, il ne peut s’agir là que d’un cri de détresse de la part d’un «homme d’Alger», aigri qui a été disgracié puisqu’on l’a privé du poste de «ministère de l’intérieur» pour lui attribuer celui «des territoires occupés». Lance-t-il par là un appel pour regagner le Maroc, lui, dont la famille se trouverait (selon ses dires) actuellement au Maroc, où il est né, a grandi et fait ses études? De toute façon, le Maroc n’a pas besoin de cette espèce d’énergumène pour servir sa cause. Le Sahara est marocain. Il est sous souveraineté marocaine et le restera.

Une souveraineté confortée par la reconnaissance des États- Unis sous les administrations Donald Trump et Joe Biden de la marocanité du Sahara mais aussi par la crédibilité quasi-unanime accordée par les pays à travers le monde, notamment en Europe et en Afrique, à l’initiative marocaine d’autonomie comme unique voie à la recherche d’une solution politique au conflit fomenté autour du Sahara. Cela dit, Mustapha Sidi El Bachir peut toujours regagner sa mère patrie s’il montre patte blanche et le réclame.

La souveraineté confortée
Cependant, ses propos intriguent à plus d’un titre. Mustapha Sidi El Bachir n’est ni dissident ni opposant. Ce qui laisse entrevoir la probabilité d’une nouvelle machination abjecte et mesquine des services algériens servant de diversion pour le Maroc. Tout bien pensé, et quoi qu’il en soit, il y a du vrai dans ses déclarations. La RASD n’existe que dans l’imaginaire de ceux qui l’ont créée, à savoir l’Algérie. Sur la carte, cette supposée république n’est pas localisée. Elle n’a ni territoire, ni frontières ou une armée qui incarneraient une autorité souveraine.

Sauf si l’Algérie accepte que ses mercenaires proclament leur RASD sur un territoire algérien, dans les camps de Tindouf! En tout cas, ce serait une récompense à la loyauté (pas toujours vérifiée) d’individus intéressés qui ont sacrifié toute leur existence à la thèse séparatiste des locataires du palais d’El Mouradia.