La ministre de l'Economie implique les experts-comptables dans lutte contre le blanchiment d'argent

L’Etat marocain renforce son dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. La ministre de l’Economie, Nadia Fettah, a récemment envoyé une circulaire aux experts-comptables dans laquelle elle leur demande de dénoncer toute transaction financière suspecte et de renforcer les mesures de veille envers les transactions des clients originaires de pays présentant des risques en la matière. Les experts-comptables devront aussi mettre en place des mesures de veille pour «déterminer l’identité des clients habituels ou occasionnels, les parties liées par des relations d’affaires, les ordonnateurs ainsi que les personnes agissant au nom de leurs clients via des procurations». Dans ce document, Mme Fettah les invite également à vérifier, à travers des documents et données fiables, les prérogatives qui leur sont attribuées par ces clients, qu’ils soient des personnes morales ou physiques.

Ces professionnels de la comptabilité devront aussi s’assurer que les opérations effectuées par les clients et les relations d’affaires sont conformes à leurs activités et aux risques qu’ils présentent. La ministre les incite à vérifier l’origine des fonds et leur destination «tout en s’abstenant d’ouvrir des comptes bancaires anonymes ou portant des noms fictifs», et d’adopter une veille renforcée pour les personnalités politiques de nationalités marocaine ou étrangère qui occupent des postes de responsabilité public ou politique de haut rang que ce soit au Maroc ou à l’étranger.

Enfin, la tutelle leur demande de conserver, pour une durée de dix ans, les documents relatifs aux opérations réalisées par ces clients, notamment ceux inhérents aux transactions financières. «Les experts-comptables sont tenus d’aviser l’Instance nationale des données financières de toute transaction financière suspecte. Ils devront, en outre, déterminer les biens enregistrés au nom de personnes, d’organisations, de bandes criminelles ou de groupes dont les noms figurent dans les listes de l’ONU ayant trait au terrorisme et son financement ainsi que la prolifération des armes», ajoute-t-elle.

E.S