Un ministère des Transports... hors sol!

À se demander comment tout cela fonctionne! Ce que le département des transports a décidé dans une circulaire du 17 septembre 2020 laisse perplexe. Il s’agit de renouveler les permis de conduire et les certificats d’immatriculation émis, voici dix ans, depuis le 30 septembre 2010. Aujourd’hui, le terme est donc échu. Que fait-on? Un délai est accordé pour une période de trois mois, allant jusqu’au 31 décembre 2020. Mais à qui s’adresser? Pas aux agences de la Société nationale de la sécurité routière, évidemment: la pandémie et les mesures préventives applicables excluent pareille démarche administrative. Un portail a été ouvert, «NARSA Khadamat».

Sur le papier, pourrait-on dire, rien à y redire en apparence. De fait, tel n’est pas le cas. D’abord, pourquoi avoir attendu la fin du délai décennal, soit le 30 septembre, pour actionner cette procédure et alerter les administrés? Ensuite, comment maîtriser un tel flux intéressant quelque 910.000 dossiers et probablement un bon million à la fin décembre? Les services spécialisés de ’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) pourront-ils traiter tout ce stock dans les délais prescrits? La justification d’un reçu suffira-t-elle aux automobilistes après le 1er janvier 2021 pour continuer à circuler dans leurs véhicules? Enfin, l’incidence financière de cette opération n’est pas moins importante.

C’est un budget en effet de 600 dirhams environ couvrant les frais de dossier (22 dirhams), la visite médicale auprès d’un médecin agréé pour les titulaires du permis de conduire, et une taxe de 400 dirhams due au Trésor. Ce dossier comporte une déclaration sur l’honneur qui doit in fine faire l’objet d’une légalisation. Imagine-t-on la cohue durant les trois mois à venir auprès des arrondissements municipaux et communaux? De quoi s’interroger sur des mesures, sans doute nécessaires dans le cadre d’une digitalisation des supports que sont le permis et le certificat d’immatriculation, mais contestables quant au choix du moment.

En ces temps d’inquiétude et d’anxiété, liés à l’impact de la pandémie et à l’absence de visibilité à terme, les administrés vont pâtir de l’imprévoyance d’un département et de son entreprise publique dédiée.

Mu.S.


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