Le ministère crée des commissions de contrôle des cliniques privées

PRISE EN CHARGE DES CAS COVID-19

Le ministère de la Santé a décidé la mise en place d’une commission centrale et de commissions régionales pour faire face aux dépassements par les cliniques privées des grilles tarifaires des soins médicaux offerts aux patients atteints de Covid-19.

Après plusieurs semaines de polémiques et des dizaines de vidéos de Marocains en colère contre les cliniques privées, le ministère de la Santé décide enfin de bouger. Une commission centrale et des commissions régionales ont été mises en place dont la mission est d’assurer le suivi et le contrôle de la prise en charge des malades atteints de la Covid-19 dans les cliniques privées, a annoncé le ministère de la Santé au terme d’une réunion tenue jeudi 19 novembre 2020 à Rabat. La réunion a été consacrée à «la poursuite de la coordination des mesures à prendre face aux dépassements flagrants des grilles tarifaires des soins médicaux offerts aux patients atteints de Covid-19 constatés dans certaines cliniques privées», souligne le ministère.

Rappelons que la première réunion entre le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb, et l’Association nationale des cliniques privées (ANCP), en réponse aux réclamations des citoyens, a été décevante. Le département ministériel avait déclaré que les cliniques privées représentent un partenaire important en cette période exceptionnelle et le président de l’ANCP, Redouane Semlali, avait insinué à maintes reprises, que le ministre était de leur côté, précisant «qu’il comprenait les exigences du métier et qu’il les a bien accueillis».

Un dossier épineux
Ce dernier avait même tiré à boulets rouges sur les pouvoirs publics, en particulier sur l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM) et ses prises en charge, «dérisoires» selon ses dires. Il est allé plus loin en criant que les cliniques privées ne sont pas responsables de la misère et de la pauvreté des Marocains. Une déclaration méprisante et insultante qui a soulevé un énorme tollé, et les pouvoirs publics devaient y répondre. C’est peut-être dans cette optique que le département de Aït Taleb a décidé de prendre les devants, lui qui n’avait pas vraiment tranché sur ce dossier épineux depuis son éclatement.

Ceci dit, malgré cette démarche, qu’on ne peut que saluer, plusieurs interrogations se posent. Comment ces commissions vont-elles mener leurs inspections et contrôles sur le terrain? Quels sont les moyens mis à leur disposition? Quelles seront les sanctions que les cliniques privées frauduleuses encourent? Quel sera le sort des différentes plaintes déjà déposées par les citoyens? Et pourquoi la société civile et les associations de protection de consommateurs n’ont-elles pas été impliquées dans cette mesure?

Le ministère de la Santé conditionne, par ailleurs, le suivi des cas de fraude et de manquements par la nécessité de produire des pièces justifiant le dommage subi auprès des inspections du ministère de la Santé et de l’ANAM. Ce qui est, dans plusieurs cas, impossible à réaliser, des cliniques privées refusant la plupart des temps des factures et autres documents justifiants leurs frais exorbitants.


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