Militarisation des enfants dans les camps de Tindouf : Vives condamnations internationales de l’Algérie et du Polisario

Lors d’un colloque international sur la protection des enfants, qui a eu lieu à Rabat, mercredi 23 mars 2022, l’ambassadeur du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale, n’a pas hésité à stigmatiser l’Algérie et le Polisario, qui sont unanimement considérés comme coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Le mouvement séparatiste Polisario n’est pas seulement accusé de prendre en otage des populations sahraouies qui subissent les pires exactions dans les camps de Tindouf. Mais il y a une accusation encore plus grave: l’enrôlement des enfants dans les opérations militaires. Après les condamnations prononcées par le conseil onusien des droits de l’Homme à Genève, Rabat a abrité, mercredi 23 mars 2022, un colloque sur la protection des enfants dans les crises humanitaires, auquel ont pris part des experts internationaux en droit humanitaire et en affaires des réfugiés.

Dans le cadre d’un panel initié sous le thème «enrôlement des enfants en Afrique», les experts soulignent que les enfants enrôlés par le Polisario représentent des projets d’éléments extrémistes qui pourraient menacer la sécurité et la stabilité dans la région de l’Afrique du Nord et du Sahel. Les panélistes ont mis l’accent sur la nécessité de faire assumer à l’Algérie la responsabilité historique envers la communauté internationale pour contrer l’enrôlement des enfants sur ses terres, ainsi que sa pleine et entière responsabilité sur les graves violations de leurs droits fondamentaux.

Doublement responsabilité
Il faut préciser que la communauté internationale ne reconnaît pas le Polisario, ce qui rend l’Algérie doublement responsable. D’abord une responsabilité directe qui concerne la présence du Polisario sur son territoire et ensuite une responsabilité indirecte qui consiste à soutenir ce groupuscule et à éviter de présenter des rapports sur son exploitation et son enrôlement des enfants. Les experts internationaux n’hésitent pas à dénoncer les conditions dans lesquelles vivent les enfants dans les camps de Tindouf, dans le sud de l’Algérie, sur fond de détournement de l’aide humanitaire internationale par le Polisario. Selon un rapport du Parlement européen, publié récemment, «des enfants âgés entre 12 et 13 ans sont soumis à des entraînements militaires en Algérie, à Cuba et en Libye».

Pour sa part, l’ambassadeur représentant permanent du Royaume auprès des Nations Unies à New York, Omar Hilale, n’hésite pas à dire que l’Algérie et le Polisario sont coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. L’ambassadeur Hilale a mis en exergue les progrès réalisés dans les normes internationales de protection des enfants au cours des trois décennies qui ont suivi l’entrée en vigueur de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant de 1989, notant que ces instruments internationaux ont classifié en tant que crime de guerre le fait de procéder à la conscription ou à l’enrôlement d’enfants dans des forces ou des groupes armés.

Mais, malgré l’existence de cet arsenal normatif international contraignant, les enfants dans les camps de Tindouf, en Algérie, continuent d’être exploités en toute impunité en tant qu’enfants-soldats par le Polisario. Le diplomate illustre ses propos par des photos et des vidéos authentiques montrant l’entraînement militaire auquel sont assujettis les enfants de ces camps. Il a ainsi montré les similitudes dans les techniques d’entraînement, d’embrigadement et d’endoctrinement à la violence armée utilisées par les groupes terroristes tels que Daech et Al-Qaida. Il a, en outre, mis en exergue les différences entre le destin pacifique et prometteur qui s’offre aux enfants sur les bancs des écoles au Sahara marocain et celui de violence et de terrorisme auquel le Polisario prépare les enfants des camps de Tindouf dans le désert algérien.

M. Hilale ne manque pas de dénoncer le silence complice, voire l’incitation de l’Algérie à ce crime de guerre, qui se perpétue depuis des décennies sur son territoire, et ce en violation totale de ses obligations internationales découlant des instruments auxquels elle est partie, et qui lui imposent l’impératif de protection de ces enfants.