MEURTRE DE MOHAMED WALID, 16 ANS, À CASABLANCA

CASABLANCA EST DEVENUE UNE JUNGLE

Assassiné en plein jour par un criminel qui voulait lui subtiliser son téléphone, Mohamed Walid, 16 ans, est pleuré par tout le Maroc. Un acte barbare qui confirme l’effondrement de l’Etat dans le domaine de la sécurité.

Un nouveau crime odieux vient de se produire à Casablanca, lundi 12 octobre 2020. Un adolescent de 16 ans, Mohamed Walid a été froidement tué par un voyou, un criminel, non loin de son école, d’où il était sorti à 12h pour regagner son domicile dans le quartier Californie. Il a probablement tenté de résister au meurtrier, mais ce dernier, qui était à bord d’un vélo, lui a asséné des coups de couteau mortels.

Mohamed Walid était seul et se dirigeait vers la station du tramway de Sidi Maârouf pour rentrer chez lui. Sa maman lui avait téléphoné avant pour lui dire qu’elle ne pouvait pas le récupérer. Sur le chemin, il ne se doutait de rien. Enfant de bonne famille, au sourire charmeur, Mohamed Walid est comme ces milliers d’adolescents casablancais qui arpentent chaque jours les rues de la métropole pour aller à l’école. Son meurtre, qui a suscité un grand émoi chez les Marocains, renvoie à la triste réalité de nos rues, partout dans le pays, où des enfants sont violés, des femmes battues et violentées et des agressions de tout genre sont commises au grand jour.

Une profonde blessure
Comment le crime de Mohamed Walid s’est-t-il produit? Où sont passés les forces de l’ordre? La sécurité a-t-elle disparu définitivement dans l’espace public? En attendant des réponses à ces questions, qui ne viendront probablement jamais, l’insécurité et la criminalité continuent de gagner du terrain dans notre société. La famille du défunt est profondément abattue. Elle ne comprend pas ce qui lui est arrivé malgré toutes les consolations qu’elle reçoit de la part des autorités. Ainsi, une délégation sécuritaire officielle, envoyée par le patron de la DGSN, Abdellatif Hammouchi, a rendu visite, le jour même, à la famille de la victime pour présenter les condoléances. Mais la blessure est profonde et la tristesse immense et indescriptible.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, le coupable court toujours dans les rues et n’est pas encore arrêté. Sur le terrain, la police affirme s’activer pour retrouver le meurtrier. Avec l’assassinat de cet enfant qui avait certainement des ambitions de jouer un rôle dans la société, c’est tout le rêve d’une famille qui est brisé. Le rêve de voir leur enfant terminer sa scolarité et réussir dans l’avenir.

Or, rien de tout cela ne pourra désormais se réaliser à cause de gangsters, de vagabonds et de criminels déchaînés et frustrés qui sèment la terreur dans les rues. Qui osera plus tard laisser son enfant aller seul à l’école ou revenir à la maison? Tout le monde a peur pour ses enfants comme on a aussi peur pour soi-même. Face à cette psychose, cette crainte de se faire voler, agresser ou se faire tuer, l’Etat ne semble plus capable d’apporter des solutions.


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