FAUT-IL METTRE CASABLANCA EN QUARANTAINE

450 cas d’infection dans un nouveau foyer industriel

Autant d’infections dans un même endroit, c’est une véritable bombe à retardement. Que faut-il de plus pour délimiter la responsabilité des autorités et des patrons irresponsables de ces usines?

Confinement ou déconfinement, le vrai problème est ailleurs. Il est dans l’application stricte et rigoureuse des mesures sanitaires, de sécurité et de prévention qui s’imposent dans les sites et usines industriels pour empêcher la naissance d’un foyer d’infection et la contamination par dizaines voire par centaines. Et à ce niveau-là, la faille est béante. Après Aïn Sebaâ, l’apparition de nouveaux foyers de contamination dans le milieu industriel remet en question le rôle de contrôle des autorités locales et de la police et la responsabilité civique, civile et pénale.

Le bilan du foyer d’infection repéré il y a une dizaine de jours dans les unités industrielles du groupe Malhou, à Sidi Bernoussi, ne cesse de s’alourdir. Selon nos confrères de Le360. ma, sur les 1.020 salariés du groupe spécialisé dans la fabrication de chaussures destinées au marché de l’export, notamment pour la marque italienne Geox, pas moins de 450 cas positifs au Covid-19 ont été enregistrés, selon le dernier décompte arrêté mardi 12 mai. Pire, ce nombre représente environ un quart des cas recensés dans la région de Casablanca-Settat, voire la quasi-totalité des cas enregistrés à l’échelle de la Préfecture des arrondissements de Sidi Bernoussi Zenata (469 cas). Le jour où le gouvernement a décidé de décréter l’état d’urgence sanitaire, il a explicité les consignes de confinement et a même communiqué, de la manière la plus didactique qui soit, les démarches à suivre pour se désinfecter et désinfecter les lieux du travail et de résidence et l’importance de la distance physique.

Casablanca en quarantaine?
Puis, le ministère de l’Intérieur a publié un communiqué clair où il délimite les secteurs d’activité autorisés à continuer à travailler. Mais ces règles ont été largement bafouées. Beaucoup d’entreprises évoluant dans des secteurs économiques sommés de cesser leur activité font encore tourner la machine. Si ces dépassements peuvent être réprimés, le pire à craindre, ce sont les sites industriels autorisés à fonctionner et qui n’appliquent pas à la lettre toutes les précautions qui s’imposent pour protéger leurs employés et empêcher ainsi la propagation du coronavirus. Quelques jours seulement avant la fin de la première phase du confinement, une cinquante d’ouvrières ont été déclarées contaminées dans une unité industrielle à Aïn Sebaâ, spécialisée dans la production d’équipements médicaux et paramédicaux.

Le nombre d’infections dans un seul et même lieu est une bombe si l’on tient compte du fait que les personnes déclarées positives au Covid-19 travaillant dans cette usine rentrent chez elles chaque soir. Le cas de cette usine industrielle n’est pas isolé. Aujourd’hui encore, et comme par hasard, quelques jours avant la fin de la deuxième phase du confinement, une autre usine est infectée. Cette fois, le bilan est lourd et fait peur. Cela donne le frisson quand on imagine les usines en activité actuellement et qui font fi des consignes de sécurité. Que faut-il de plus pour délimiter la responsabilité de chacun? Cherche-t-on à mettre Casablanca en quarantaine? Mais le cas de cette ville peut bien se reproduire ailleurs. C’est une véritable bombe à retardement.

Le relâchement dans certaines unités industrielles et l’absence de contrôle rigoureux des forces de l’ordre (autorités locales et police) sapent deux mois d’efforts entrepris par le Maroc afin d’endiguer l’épidémie. Mais cet effroi ne peut en aucun justifier un prolongement du confinement. Pourquoi? Parce que la question n’est pas de prolonger le confinement ou de le lever progressivement. Il est plutôt question de faire respecter fermement les consignes de prévention sanitaire. C’est tout.


Laisser un commentaire

Merci de cocher cette case
X

Télécharger le magazine Maroc Hebdo

Télécharger