Mesures restrictives: L'ultimatum des propriétaires de hammams

Les membres du comité ont formulé des recommandations pour l’allégement des mesures restrictives, notamment l’ouverture des hammams, mais le gouvernement de Saâd Eddine El Othmani ne serait pas du même avis.

Les propriétaires de hammams traditionnels sont en colère et le font savoir. Ils ont donné au gouvernement un ultimatum jusqu’au jeudi 30 septembre 2021 pour leur permettre d’ouvrir. «Au cas où le gouvernement ne nous autoriserait pas à ouvrir, nous serions obligés de sortir dans la rue. Des manifestations sont prévues à partir du 4 octobre 2021», menace l’Union régionale des propriétaires de hammams et bains de la région de Casablanca-Settat.

Le président de l’Union, Abderahmane El Hadrami, s’est réuni, samedi 25 septembre 2021, avec les représentants de l’Union générale des entreprises et professions (UGEP) et plusieurs gérants et propriétaires de hammams traditionnels et douches au Maroc. La réunion a été l’occasion pour les professionnels du secteur de rappeler leur situation alarmante, qui dure depuis mars 2020, date de fermeture de leurs établissements.

«Cette fermeture a trop duré. Nous n’en pouvons plus. On va bientôt boucler deux ans de fermeture, sans que l’Etat nous vienne en aide. Plusieurs d’entre nous ont déclaré faillite et des milliers de familles se sont retrouvées sans revenus et sans soutien de la part du gouvernement», se désole Abderahmane El Hadrami.
 

Une situation dramatique
Le gouvernement avait annoncé une aide directe aux employés du secteur, mais, comme pour la plupart des promesses faites par le gouvernement sortant, elle n’a pas été respectée. De plus, les membres du comité scientifique et technique ont fait état d’une amélioration importante des indicateurs liés à la pandémie du Covid-19. Les membres du comité ont formulé des recommandations pour l’allégement des mesures restrictives, notamment l’ouverture des hammams, mais le gouvernement de Saâd Eddine El Othmani ne serait pas du même avis. «Aujourd’hui, la situation devient de plus en plus dramatique. Il faut ouvrir les hammams et laisser les gens travailler.

Le gouvernement doit également mettre en application des mesures de soutien», lance l’Union régionale des propriétaires de hammams et bains de la région de Casablanca- Settat. Parmi ces mesures; la distribution des aides financières promises aux travailleurs du secteur, l’exonération fiscale des années 2020 et 2021 où les hammams étaient fermés, l’exonération des loyers pour les hammams détenus par l’Etat, le report des échéances des crédits et l’accès des propriétaires des hammams traditionnels et douches à des financements avantageux et, pourquoi pas?, leur intégration au programme Intelaka.

Le Maroc compte 14.000 hammams employant 280.000 personnes, nous a précisé Rabie Ouachi, président de la Fédération nationale des associations des propriétaires et gérants des hammams traditionnels et douches. «Malgré nos dizaines de correspondances et nos demandes, le gouvernement a toujours adopté, vis-à-vis de la corporation, une attitude marquée par l’indifférence, la marginalisation et l’irresponsabilité. Il nous a laissés en proie au Covid-19. Il a refusé d’entendre notre voix ou de nous accompagner. Nous nous sentons délaissés», nous a déclaré M. Ouachi.

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