Merck et Pfizer annoncent des traitements efficaces contre le Covid

EST-CE LE DÉBUT DE LA FIN DE L’ÉPIDÉMIE ?

Bien qu’ils ne soient pas encore commercialisés, les deux traitements mis au point récemment par les géants américains Merck et Pfizer, apportent d’énormes espoirs pour endiguer définitivement cette épidémie qui a bouleversé le monde.

C’est visiblement l’ère des pilules anti-Covid. Après le succès rencontré par les vaccins dans le monde, c’est le temps des traitements médicaux pour lutter contre ce virus ravageur. On parle ainsi de traitements oraux, pilules ou comprimés, qui seraient donnés dès les premiers symptômes du Covid-19 dans le but d’éviter les formes graves et, donc, les hospitalisations.

Après des mois de recherches, deux géants pharmaceutiques américains viennent d’annoncer qu’ils y étaient parvenus: Merck, début octobre, avec son molnupiravir, et Pfizer, ce vendredi 4 novembre 2021, avec son paxlovid. Ce sont des antiviraux, qui agissent en diminuant la capacité d’un virus à se répliquer, freinant ainsi la maladie.

Les deux groupes évoquent une forte réduction des hospitalisations chez les patients qui ont pris leurs traitements: de moitié pour le molnupiravir et de presque 90% pour le paxlovid, même s’il faut se garder de comparer directement ces taux d’efficacité en raison de protocoles différents selon les études.

Parallèlement, un antidépresseur déjà tombé dans le domaine public, la fluvoxamine, a donné des résultats encourageants pour éviter les formes graves de Covid-19, selon une étude publiée en octobre 2021 par des chercheurs brésiliens dans le Lancet Global Health. Si l’efficacité de ces médicaments se confirme, ce sera une avancée considérable dans la lutte contre le Covid-19.

Ils viendraient s’ajouter à la vaccination pour compléter l’arsenal thérapeutique contre le virus. Certes, des traitements existent déjà, essentiellement sous la forme d’anticorps de synthèse. Mais ces médicaments, qui visent généralement les malades déjà atteints de formes graves, s’injectent par intraveineuse et sont donc complexes à donner.

Des résultats encourageants
Par contraste, une pilule ou un comprimé peut être rapidement prescrit à un patient qui le prendra ensuite facilement chez lui. Les traitements de Merck et Pfizer, qui évoquent par ailleurs peu d’effets secondaires, prévoient une dizaine de prises en cinq jours. «Le succès de ces antiviraux ouvre potentiellement une nouvelle ère dans notre capacité à empêcher de graves conséquences d’une infection au SARS-Cov2», s’est, en effet, félicité le virologue britannique Stephen Griffin, dans une réaction donnée au Science Media Center.

Il reste difficile d’évaluer précisément l’intérêt précis des traitements de Merck et Pfizer, car les deux groupes n’ont pour l’heure publié que des communiqués, sans rendre accessible le détail de leurs essais cliniques. Certains éléments indiquent toutefois clairement que Merck et Pfizer ne font pas des promesses en l’air, en premier lieu le fait qu’ils aient, avec l’aval de comités indépendants de surveillance, interrompu leurs essais plus tôt que prévu face à des résultats très concluants.

Le molnupiravir de Merck est déjà approuvé au Royaume-Uni où les autorités sanitaires ont donné leur aval à son utilisation chez les malades présentant au moins un facteur de risque de développer une forme grave. Quant à Pfizer, qui évoque pour l’heure uniquement une demande d’autorisation aux États-Unis, il n’a pas détaillé le prix du paxlovid, promettant qu’il serait abordable et différencié selon les pays.