Grosses menaces sur le cheptel à cause de la sécheresse

Les éleveurs estiment insuffisantes les mesures du gouvernement

Bien que le gouvernement leur ait consacré un budget de 3 milliards de dirhams dans le cadre du programme exceptionnel, les éleveurs estiment que leur cheptel est fortement menacé face à l’ampleur de la sécheresse.

Le bétail, avec toutes ses variantes, subit lui aussi de plein fouet le terrible coup de la sécheresse. L’ampleur des dégâts pousserait ainsi des petits éleveurs, asphyxiés par la crise et le manque d’eau, à brader leur bétail pour subvenir à leurs besoins quotidiens. Pour leur venir en aide, le programme royal portant sur une enveloppe globale de 10 milliards de dirhams, annoncé récemment par le gouvernement, réserve plus de 3 milliards de dirhams à cette population d’agriculteurs qui souffrent dans le silence.

En effet, ce budget va couvrir la distribution de 7 millions de quintaux d’orge subventionnée au profit des éleveurs et de 400.000 tonnes d’aliments composés au profit des éleveurs de vaches laitières afin d’atténuer l’impact de la hausse des prix des aliments du bétail et de la régression des disponibilités en fourrage pour un peu plus de 2 milliards de dirhams.

Il est aussi question de la vaccination et du traitement de 27 millions de têtes d’ovins et de caprins, de 200.000 têtes de camelins et du traitement des abeilles contre le varroa pour un budget de 300 millions de dirhams.

Un programme exceptionnel
Pour Abderrahmane Mejdoubi, président de l’Association nationale ovine et caprine, ce programme exceptionnel permettra de soutenir les éleveurs affectés par la sécheresse et la hausse des prix des fourrages. M. Mejdoubi fait ainsi part de la grande satisfaction des éleveurs et agriculteurs et leur soulagement pour cette initiative royale, qui mobilise une enveloppe budgétaire importante dans le but de protéger le capital animal et végétal et de mieux gérer la rareté des eaux. Il exprime dans ce sens l’espoir de voir ce programme exceptionnel contribuer à réduire les difficultés auxquelles se heurtent les éleveurs, notamment en aidant cette catégorie à accéder aux aliments du bétail à des prix raisonnables tout en organisant leur distribution, en plus d’encourager le recours aux fourrages composés et de fournir les quantités d’eau nécessaires pour abreuver le cheptel.

Concernant certaines régions particulièrement pénalisées par le manque d’eau comme la région de l’Oriental, M. Mejdoubi estime que le déficit pluviométrique aigu enregistré dans la région s’est répercuté négativement sur les parcours, poussant les éleveurs à acquérir davantage de fourrages, ce qui a conduit à la hausse des prix des aliments du bétail.

Cette situation a fortement impacté le revenu des éleveurs et le capital animal, qui enregistre une régression par rapport aux deux dernières années. Mais tous les éleveurs s’accordent à dire que les mesures prises et les efforts soutenus déployés jusqu’ici par le ministère de tutelle restent insuffisants pour faire face au manque de pluies constaté au niveau de la région depuis cinq ans, d’où l’importance du programme exceptionnel qui est de nature à booster ces efforts.