La nouvelle menace qui pèse sur l'environnement au Maroc

AMÉLIORATION DE LA QUALITÉ DE L’AIR ET RETOUR EN FORCE DU PLASTIQUE

D’un côté, le Maroc enregistre des avancées importantes en matière de l’amélioration de la qualité de l’air. De l’autre, il subit le retour de l’usage massif du plastique.

Si la crise du Covid-19 a provoqué certainement un choc brutal sur l’économie, elle a eu néanmoins un impact bénéfique extraordinaire sur l’environnement. Cet impact a pu se manifester après quelques semaines du confinement décrété par tous les pays touchés par la pandémie. Selon les estimations des organisations internationales, le gaz du monoxyde de carbone qui avait coutume depuis plusieurs années de couvrir le ciel s’est progressivement dissipé à un point tel qu’il n’est plus visible sur les photos satellites. Une évolution remarquable qui risque néanmoins de se dégrader avec la reprise progressive de l’activité économique et la levée du confinement.

Au Maroc, le constat de l’amélioration de la qualité de l’air a bien été vérifié. Selon une récente évaluation menée entre novembre 2019 et fin avril 2020 par le département de l’environnement, relevant du ministère de l’énergie, des mines et de l’environnement, la qualité de l’air dans le Royaume s’est particulièrement améliorée. En effet, les résultats de cette évaluation font clairement apparaître des taux de réduction importants des polluants atmosphériques, notamment une réduction de 55% pour le dioxyde d’azote (NO2), de 70% pour le monoxyde de carbone (CO2) et de 67% pour les particules en suspension. Ces chiffres qui sont encourageants à bien des égards attestent que l’homme est capable de participer à l’amélioration du climat.

Une double peine
Pour le département de l’environnement, une étude est en cours d’élaboration pour apporter des recommandations et des solutions concrètes qui puissent maintenir cet acquis environnemental pendant la période d’après Covid-19. Néanmoins, force est de constater que des reculs sont constatés dans d’autres domaines liés à l’environnement, notamment le retour de l’usage massif du plastique alors que le Royaume a décrété son interdiction depuis juillet 2017. Une avancée considérable qui a été saluée à l’international et qui avait permis au Maroc de s’inscrire parmi les pays qui ont consacré la protection de l’environnement comme une priorité absolue dans l’élaboration et la mise en place des politiques publiques. Or ce recul au niveau de l’usage du plastique pose sérieusement problème.

Depuis l’éclatement de la crise sanitaire, le plastique est utilisé en quantités énormes dans les commerces et les marchés populaires. S’il paraît, selon une fausse idée reçue, comme une matière protectrice contre la propagation du Coronavirus, le plastique est reconnu, en revanche, comme une matière nocive à la santé d’abord eu égard aux matières cancérigènes avec lesquelles il est fabriqué et ensuite à l’environnement. Une double peine pour les Marocains qui ne semblent pas encore conscients des dangers de cette matière. Ce qui amène les ONG qui militent pour la protection de l’environnement à réclamer l’intervention des autorités pour stopper ce trafic sachant que notre pays est désormais armé par un dispositif juridique très important dans ce domaine.


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