MÉMORANDUM D’ENTENTE DU MAROC AVEC UN GROUPE RUSSE

VACCIN CONTRE LA COVID-19

Un accord signé le 18 septembre 2020 par le Royaume avec le R-Phar vise à “sécuriser l’approvisionnement du pays en quantités de vaccins suffisantes” contre la Covid-19. Mais il faudra sans nul doute encore ratisser plus large.

En attendant la mise sur le marché d’un vaccin dont il sera prouvé qu’il est efficace contre la Covid-19 et qu’il n’a pas d’effets secondaires, le Maroc avance ses pions. Il vient de signer, le 18 septembre, un mémorandum d’entente avec le groupe pharmaceutique russe R-Pharm pour obtenir, si les tests à son endroit s’avèrent concluants, des doses du vaccin AZD1222, développé par l’Université d’Oxford et dont la licence appartient à l’entreprise britanno-suédoise AstraZeneca.

Cette dernière avait annoncé, le 17 juillet 2020, avoir délégué à R-Pharm le soin de produire et de fournir l’AZD1222 à plus de trente pays du Moyen-Orient, des Balkans et de la Communauté des États indépendants (CEI) -qui compte 10 des anciennes républiques soviétiques-, et c’est donc à ce titre que le Maroc a pris les devants. Il est ainsi question de “sécuriser l’approvisionnement du pays en quantités de vaccins suffisantes”, souligne un communiqué du gouvernement, qui lors de la signature du mémorandum était représenté par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, celui des Affaires étrangères, Nasser Bourita, celui de l’Économie, Mohamed Benchaâboun, celui de la Santé, Khalid Aït Taleb, ainsi que le ministre délégué à l’Intérieur, Noureddine Boutayeb -tandis que, de l’autre côté, on trouvait le directeur général de R-Pharm, Vasily Ignatiev, et le directeur exécutif en charge des affaires gouvernementales internationales d’AstraZeneca, Alec van Gelder.

C’est là le premier accord du genre signé par le Maroc, qui pour l’heure s’est contenté de rejoindre le 20 août les tests menés à l’échelle mondiale par l’entreprise pharmaceutique Sinopharm. De son côté, l’ambassadeur de Russie dans le Royaume, Valerian Shuvaev, avait affirmé dans des propos diffusés le 3 septembre par l’agence de presse russe Sputnik que “les importateurs marocains ont manifesté leur intérêt pour la proposition russe de leur fournir le premier vaccin contre Covid-19 au monde”, en faisait référence de Spoutnik V, mais, ceci dit, les officiels marocains n’ont jamais confirmé. Il y a toutefois lieu de noter que les tests relatifs à l’AZD1222 avaient été arrêtés le 9 septembre après qu’il fut constaté qu’un des patients y ayant participé avait contracté “une maladie inexpliquée” -“une myélite transversale” pouvant donner lieu à une paralysie, selon des allégations du New York Times-, avant de reprendre finalement trois jours plus tard. Mais c’est dire s’il n’est pas dit que le mémorandum d’entente signé par le Maroc équivaut à être sûr d’avoir des doses de vaccins contre la Covid-19 pour les Marocains, et qu’il faudra sans nul doute encore ratisser plus large.


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