Fondatrice du FIFM et conseillère du président de la Fondation du FIFM

Mélita Toscan du Plantier : "Être ici, après deux décennies, est un privilège"


En dépit des circonstances complexes marquées par le séisme d’Al-Haouz et les conflits en cours à Gaza, pourquoi a-t-il été impératif de maintenir la tenue de cette vingtième édition du FIFM?
Certes, c’est un contexte très difficile, mais le Maroc a besoin de ce festival. Marrakech a besoin de ce festival. Le cinéma, en ces circonstances, revêt une dimension bien plus profonde que la simple projection de films. Il se fait messager de paix, vecteur d’unité, un langage universel qui transcende les frontières et les discordes. Nous, participants de cet événement, nous unissons pour célébrer la culture et pour défendre les jeunes réalisateurs marocains et africains, qui aspirent à une plus grande visibilité médiatique et financière. En outre, l’ouverture totale du festival au public, avec des projections gratuites, permet à tous, sans distinction, de s’immerger dans cet océan artistique.


À l’issue de deux décennies d’existence du festival, quel sont les moments qui, selon vous, ont marqué cette longue et fructueuse aventure ?
Le chemin parcouru au cours de ces vingt années a été jalonné de moments inoubliables. Parmi ces souvenirs, celui des plus illustres noms du septième art, émus face à la scène majestueuse de Marrakech. En 2018, par exemple, Robert De Niro, figure emblématique du cinéma, a été saisi d’émotion lors de son discours, au point d’être contraint de l’interrompre car il allait pleurer. Devant un public dépassant les 1.500 personnes, dressés et vibrant d’applaudissements, criant son nom… Ce moment a transcendé les frontières de l’émotion pour devenir une source de fierté incommensurable. Être ici, après deux décennies, dans ce pays que j’affectionne et qui m’a chaleureusement accueillie, est un privilège dont je suis profondément émue.

Cette année, le jury compte six femmes parmi ses membres. Est-ce un choix délibéré en faveur de la représentation féminine?
La présence féminine au sein du jury cette année revêt une importance cruciale. Elle illustre un engagement tangible envers l’égalité des sexes au sein de l’industrie cinématographique. En effet, l’art, au fil de l’histoire, a constamment agi comme un canal privilégié de communication et de sensibilisation aux questions sociales. Il incarne un outil puissant pour instiguer un changement positif au sein de la société. La présence de six femmes et de trois hommes au sein du jury cette année témoigne de cette volonté de promouvoir la diversité des voix et des perspectives. Elle favorise la discussion sur des enjeux majeurs, contribuant ainsi à un dialogue constructif pour le bien commun.

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