22ÈME ÉDITION DU FICAM

Reportage: Au cœur au 22è Festival international de cinéma d'animation de Meknès (FICAM)

La ville de Meknès a abrité, du 10 au 15 mai, la 22è édition de son Festival international de cinéma d’animation (FICAM). Grâce à une programmation riche et des invités de marque du monde entier, ce rendez-vous a été une aubaine pour les professionnels et les talents, mais aussi un moment agréable pour le public jeune et moins jeune.


Meknès consolide son statut de “Mecque de l’animation” au Maroc et même au-delà, dans son entourage africain et arabe. La ville isamélienne vient d’abriter, du 10 au 15 mai 2024, son 22è Festival international de cinéma d’animation, devenu un rendez-vous incontournable aussi bien pour le public, les artistes en herbe que pour les professionnels du secteur. À l’instar de ses précédentes, les organisateurs, en l’occurrence la Fondation Aïcha en collaboration avec l’Institut français, ont proposé une programmation riche et diversifiée, toujours dans le même cadre agréable et convivial de l'Institut.

“C’est un festival bien installé au Maroc, en Afrique et même dans le monde, au vu du nombre de participants venus de tous les continents. On continue d’accompagner le développement et la structuration de ce secteur qui est en plein essor avec des enjeux pour les industries artistiques et créatives au Maroc”, explique à Maroc Hebdo, Agnès Humruzian directrice de l'Institut français du Maroc Et de poursuivre “C’est aussi un moment de partage et d’accès pour tous à la culture cinématographique avec beaucoup de projections pour les écoles mais aussi le grand public dans plusieurs sites du festival. Répartie selon trois types de cibles (Grand public, Public scolaire, et Professionnels et jeunes talents) mais avec de nombreux points de rencontre entre ces catégories, la programmation du FICAM a été encore une fois l’occasion pour les festivaliers d’assister à des ateliers d'initiation, des masterclass ou encore des projections de films. D’ailleurs, pour la première fois, le festival s’est invité au palais Dar Lakbira dans la médina de Meknès pour proposer des projections dans une ambiance familiale en présence du légendaire réalisateur de plusieurs films d’animation et grand ami du FICAM, le Français Michel Ocelot.

Opportunités nouvelles
De son côté, le réalisateur et producteur de cinéma camerounais, Cyrille Massoa, dont le film La grotte sacrée est programmé lors de cette 22è édition, a souligné au micro de Maroc Hebdo l’importance du FICAM pour l’Afrique. “C’est important d’avoir une festival sur l’animation en Afrique équivalant à celui d’Annecy en France, c’est un projet ambitieux qu’il faut encourager”.

Rubrique majeure du FICAM depuis 2022, le Forum des métiers du film d’animation au Maroc est revenu pour une troisième édition après le franc succès des deux précédentes. Cette année encore, les stands du forum ont été investis par plusieurs exposants, des studios marocains aussi bien marocains qu’étrangers, mais également des écoles d’arts, de cinéma et de journalisme, venus profiter de cet espace de réseautage par excellence. “Notre objectif est de rassembler tous les professionnels qui travaillent dans l’animation, que ce soit dans la production, la post-production, la publicité, les génériques.


C’est unique au Maroc et j’espère que ça va continuer”, indique à Maroc Hebdo, Mohamed Beyoud, directeur artistique du FICAM. Au menu, des tables rondes et autres points de rencontre entre des professionnels en quête d’éventuelles collaborations et partenariats. “Je suis particulièrement fier d’être au FICAM, je vois d’anciens collègues et employés monter des studios et c’est la première fois qu’on voit ça au Maroc et c’est ça dont on avait besoin pour commencer à produire”, explique de son côté Ali Rguigue, fondateur du studio Arcoustic. “Le plus grand défi maintenant, c’est de fédérer la partie artistique car il y a beaucoup d’illustrateurs et d’animateurs à travers le Maroc qu’on n'arrive pas forcément à déceler ou à mettre sur le marché du travail”, poursuit-il. De son côté, Cyrille Masso s’est félicité des opportunités offertes par le festival. “Nous avons rencontré des professionnels, il y a des échanges qui se développent entre les structures de production, les auteurs, les jeunes étudiants sortis des écoles qui proposent leurs services”, dit-il.

Secteur nouveau
Et c’est justement l’un des principaux objectifs de l’événement. D’où la forte présence du département de tutelle lors de la cérémonie d’ouverture cette année. “On est là pour encourager ce festival que nous considérons d’une importance capitale dans la mesure où ce secteur est nouveau au Maroc. Avant, on importait beaucoup de dessins animés mais aujourd’hui on est arrivés au point où nous pouvons développer nos propres dessins animés avec les chaînes Al Aoula et 2M à travers des appels d’offres lancés l’année dernière”, a confié à Maroc Hebdo, Mohamed Mehdi Bensaid, ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, en marge de la cérémonie. Et de poursuivre “Nous allons avoir des dessins animés qui parlent de notre histoire avec des héros marocains et ce marché est intéressant pour nous, pour le volet culturel et pour faire rêver nos enfants, mais aussi pour son aspect économique et social.” Par ailleurs, la 22ème édition a été encore une fois l’occasion de consacrer les meilleurs du secteur.

Daphna Awadish Golan a remporté le prix Grand Prix du Jury doté de 3 000 Euros du meilleur court-métrage pour son film e Swimming with wings. Le Prix Jeune public Court’ compèt composé des élèves des cours de langue de l’Institut français de Meknès est revenu à Dance with the seashells ! de Théo Carme, Julie Fournier, Alessandra Rosmarino et Anaëlle Saba. « ! » de Loic Espuche, a été sacré du Prix du Jury Junior composé d’élèves de la spécialité Cinéma du lycée Paul Valéry, tandis que le prix du public court métrage a été décerné ex-aequo à Papillon de Florence Miailhe et Box cutters de Naomi Van Niekerk.

Pour ce qui est de la Long Compet’, le jury junior, composé des élèves de la spécialité cinéma du Lycée Paul Valéry et des adhérents du Théâtre des Chamâte a attribué le prix du meilleur long-métrage d’animation au film La Sirène de Sepideh Farsi. Le prix du public long-métrage est revenu à Saleem de Cynthia Madanat Sharaiha. Pour sa première édition, la compétition internationale du film d’animation VR a consacré Madame Pirate : Code of conduct de Morgan Ommer et Dan- Chi Huang (Grand Prix du Jury) et Drifting in the void of Nonsense réalisé par Badr Benfanich (coup de coeur du jury).

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