Mehdi Ezzouate: "Le handball souffre d’un manque d’infrastructures criant au Maroc"

Interview de Mehdi Ezzouate, président délégué de la section Handball du Wydad Athletic Club

La section handball du Wydad Athletic Club est la plus titrée avec 13 coupes du trône et 7 titres de champion du Maroc. Toutefois, elle traverse une situation difficile depuis quelques années. Un plan d’action a été mis en place pour redonner à cette section son rayonnement d’antan. Mehdi Ezzouate, nouveau président délégué de cette section, nous détaille les contours de ce plan et ses objectifs.

Vous avez été nommé, le 9 février 2021, président délégué de la section handball du Wydad Athletic Club (WAC). Que représente aujourd’hui cette section au sein du club?
La section handball du Wydad Athletic Club figure parmi les sections les plus titrées. Elle se place après celle du football, pour la branche des sports collectifs, avec 13 coupes du trône et 7 titres de champion du Maroc. Rappelons aussi que l’équipe handball du WAC a remporté la première édition du championnat marocain de la discipline, qui a eu lieu en 1942, année de la création de cette section.

Quelle est la situation actuelle de cette section, notamment sur le plan financier?
La situation est actuellement très difficile, particulièrement sur plan financier, depuis le passage des sections vers l’association omnisports du WAC dans le cadre de la loi 30.09, en plus d’autres problèmes hérités de l’époque de l’association WAC handball. Pour y faire face, nous avons d’ores et déjà mis en place un plan d’action qui est en train d’être mis en oeuvre.

Quels sont les contours de ce plan d’action?
Depuis ma nomination, j’ai dressé, avec le bureau, l’état des lieux. Nous avons constaté plusieurs dysfonctionnements concernant la situation de quelques joueurs, le matériel et les équipements. Il fallait, par exemple, trouver une salle pour les entraînements de l’équipe, chose que nous allons régler incessamment, avec le soutien du président Said Naciri. Une fois ces problèmes réglés, nous allons créer une plateforme adéquate pour la réalisation de notre projet sportif. Celui-ci est basé, en premier lieu et en urgence, sur le retour de la section à la super division, sa place naturelle.

Pour cela, nous allons devoir recruter un entraîneur de grand calibre et des joueurs qui peuvent assurer le rythme nécessaire durant cette saison. Ensuite, nous allons nous attaquer à la formation à travers le renforcement de l’école de la section avec ses 3 catégories. Le but est d’alimenter l’équipe première par des joueurs en interne, au lieu d’opter pour des recrutements chaque début de saison. Notre objectif est d’assurer 80% des joueurs de l’équipe première en interne d’ici 2023.

Disposez-vous des moyens pour la mise en oeuvre de ce plan d’action?
Nous disposons des moyens humains qui vont nous permettre de trouver les ressources nécessaires pour réaliser notre plan d’action. Pour être franc, cette année sera certainement très difficile pour notre comité directeur. Ce sera compliqué, par exemple, de dénicher des sponsors en milieu de saison. Ceci sans oublier le contexte actuel de crise économique à cause du Covid-19. Nous allons faire de notre mieux pour gérer cette situation.

Pourquoi le handball n’est-il pas assez populaire au Maroc?
Vous avez, il n’y a pas de formule magique. L’équation est assez simple. Le public est attiré par les résultats et les performances, qui sont à leur tour conditionnés par la disponibilité des moyens. Si le handball n’est pas développé et populaire au Maroc, ce n’est pas à cause du manque des compétences et des talents, mais à cause principalement d’une professionnalisation et d’infrastructures qui font défaut au Maroc.

Il faut disposer de moyens suffisants pour passer à un stade professionnel, qui permet à l’équipe de fournir à ses joueurs les conditions nécessaires pour s’épanouir et performer. Il faut également des salles dédiées aux équipes de handball, qui permettent une flexibilité des entraînements durant la journée et non seulement le soir.