Prisonnier de sa mégalomanie, le PJD au bord de la banqueroute

DESCENTE AUX ENFERS

La Parti de la justice et du développement (PJD) entame une vague de licenciements massive après sa débâcle historique lors des élections du 8 septembre 2021. Les travaux du nouveau siège sont à l’arrêt et une mise en vente est prévue.

Rien ne va plus pour le Parti de la justice et du développement (PJD). Le parti d’obédience islamiste traverse l’une de ses pires crises. Après la débâcle historique lors des élections législatives, régionales et communales du 8 septembre 2021, le parti fait face à une véritable crise financière. Le parti, qui disposait de 125 parlementaires, n’en compte actuellement que 13, soit un manque à gagner très important en termes de cotisations des élus, des ministres et de hauts responsables.

Avant la date fatidique du 8 septembre, ces cotisations rapportaient au parti pas moins de un million de dirhams par mois. Ceci lui permettait de faire tourner la machine partisane et de payer, notamment, les salaires des employés du parti au niveau central et régional.

Après sa défaite cuisante, le secrétariat général du parti a démissionné, mais a également pris plusieurs décisions impliquant un plan social visant toutes les instances du parti. On apprend ainsi que le PJD a remercié, le 1er octobre 2021, tous ses directeurs régionaux et provinciaux. Les responsables régionaux percevaient 5.000 dirhams mensuellement, alors que ceux provinciaux touchaient 3.500 dirhams par mois. La résiliation de leurs contrats sera, toutefois, accompagnée d’une prime de départ.

La folie des grandeurs
Egalement concernés par ce large plan social, une bonne partie des employés du parti travaillant au niveau de plusieurs services comme la restauration, l’hygiène, la sécurité et le gardiennage. Le pôle média serait, par ailleurs, le plus touché par cette vague de licenciements. Journalistes, éditorialistes, photographes, vidéastes, infographistes, service technique du département digital… La plupart seront mis à la porte.

Les dirigeants du parti auraient aussi décidé de se délaisser de leur siège situé au quartier des Orangers, à Rabat, près de la villa de l’ancien Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, pour poser leurs valises dans un autre siège dans le même quartier.

Ce ne sera, en fin de compte, pas le déménagement qu’ils avaient imaginé et qu’ils auraient tant espéré. Le parti avait, en effet, lancé les travaux d’un grand siège au quartier cousu de Hay Ryad, à Rabat, qui compte les sièges de plusieurs partis politiques historiques. Nécessitant un budget de 40 millions de dirhams, la nouvelle bâtisse dispose d’une superficie de 2.429 m2 et 8.178 m2 de surface couverte. Ce qui était censé servir de vaisseau amiral du parti à la lampe sera un énorme mirage. Les travaux du nouveau siège ont été arrêtés quelques jours après l’humiliation électorale des islamistes. Il aurait même été mis en vente.

Le sort de ce siège est à l’image de ce parti qui, après avoir dirigé le gouvernement pendant deux mandats successifs, a atteint une maladie psychopathologique qui peut être dévastatrice: la mégalomanie. Saâd Eddine El Othmani, ancien Chef de gouvernement, également psychiatre, aurait pourtant dû s’en apercevoir. La folie des grandeurs, cette psychose délirante chronique qui a touché les cadors du parti, les a finalement mis à genoux.