Les 17 médias européens à l'origine de l'affaire Pegasus manquent de preuves

Et la déontologie, parbleu!


Laurent Richard, président de Forbiden


Un peu plus de 19 mois après l’éclatement de l’affaire Pegasus, ni les deux ONG ni les 17 médias n’ont avoué leur petitesse ou présenté publiquement leurs excuses, ne seraitce que par respect à leurs audiences respectives. Bien au contraire.

Les deux avocats du Maroc dans l’affaire Pegasus, les Français Olivier Baratelli et Rodolphe Bosselut, ont tenu, mercredi 15 février 2023, à Paris, une conférence de presse pour dénoncer «une grande manipulation de l’information» qui voudrait faire accroire que les services de renseignement marocains ont utilisé le logiciel Pegasus, fabriqué par la société israélienne NSO, pour espionner 50.000 personnes dont 10.000 en France, notamment le président français Macron, le premier ministre Jean Castex, 14 ministres, des centaines de journalistes, des avocats... Or, ces rapports ont été soumis par nos soins à des experts judiciaires agrées par les juridictions françaises (Cour de cassation, cours d’appel et même cour pénale internationale) qui disent que la méthodologie scientifique du rapport d’Amnesty est mauvaise et qu’il est impossible de déduire qu’il y ait eu des infestations avec le logiciel Pegasus et que l’on puisse déterminer leur auteur.

Le nouveau dans l’affaire, c’est qu’il n’y a rien de nouveau. Les deux avocats déplorent le fait que les médias européens et français ayant diffamé le Maroc n’ont apporté, à ce jour, aucune preuve de leurs allégations. Comme d’habitude, l’ONG Forbiden, dont le président Laurent Richard se fond d’un rapport ‘’accablant’’ sur le Maroc. Amnesty le reprend à son compte. Puis, 17 médias européens relayent la campagne de désinformation sans respect pour la déontologie professionnelle, sans vérifier la véracité et recouper l’information. Voilà ce qui s’est passé en juillet 2021. Les journaux et les associations ayant participé à cette cabale médiatique ont promis des rebondissements et de nouvelles révélations chaque semaine. Ils n’ont rien publié.

Un peu plus de 19 mois plus tard, ni les deux ONG (Fobiden et Amnesty) ni les médias en question n’ont avoué leur petitesse ou présenté publiquement leurs excuses, ne serait-ce que par respect à leurs audiences respectives.

Bien au contraire, les ONG et les médias en question usent encore de subterfuges pour détourner l’attention de l’opinion publique internationale de l’essentiel. Dans ce cas de figure, l’essentiel, ce sont les preuves de leurs allégations qui ont porté atteinte à l’image du Royaume pendant plus d’un an et demi. Au cours de leurs procès, les médias évitent de parler du fond et s’attaquent à la recevabilité de la plainte, un faux vice de forme, une sorte d’échappatoire pour éviter une diffamation qui saute aux yeux. Leurs avocats prétendent qu’un Etat ne peut pas poursuivre en justice des médias d’information. Voilà qui est est bien dit, on parle de médias d’information et non de médias de désinformation et de propagande.


Rétablir la vérité
Les ONE, Forbidden et Amnesty International, eux, adoptent la tactique de la fuite en avant. Le jour même où les avocats du Royaume organisent une conférence de presse pour dénoncer leur supercherie malveillante, Amnesty International demande, sans vergogne, aux autorités marocaines de «mettre fin aux poursuites et au harcèlement» d’Ignacio Cembrero. «Le journaliste et écrivain espagnol attend une décision du tribunal de première instance de Madrid après avoir témoigné le 13 janvier suite à une nouvelle plainte du Royaume du Maroc», rappelle l’ONG dans un communiqué. Elle estime qu’Ignacio Cembrero «n’est pas poursuivi pour son travail journalistique comme à d’autres occasions, mais pour avoir prétendu avoir été espionné au moyen du logiciel de surveillance Pegasus, développé par la société israélienne NSO Group». Admettons que cela est vrai.

Comment M. Cembrero, qui loue sa plume au plus offrant, a fait savoir qu’un procès est intenté à son encontre. Par le truchement du média espagnol où il travaille et par le biais d’autres médias. Il a médiatisé à outrance son affaire de diffamation et quand il n’a pas pu prouver ses accusations infondées, il a choisi la voix de la victimisation et a vilipendé le Maroc, plutôt le ‘’Makhzen’’, terme que les médias européens utilisent pour faire véhiculer une connotation péjorative. Par ailleurs, Amnesty International a endossé un nouveau rôle, celui de défendre le diable. Elle a souligné dans son communiqué que le Maroc «exige ainsi que le journaliste revienne sur ses affirmations liant le gouvernement marocain à l’espionnage numérique dont ont été victimes plusieurs journalistes, avocats et membres de la société civile». «C’est la quatrième fois que les autorités marocaines tentent de faire taire le reporter par une action en justice, dans le cadre de leur stratégie visant à faire taire toute voix critique à l’égard de leurs politiques», dénonce-t-elle.

« Il me frappe et dit que c’est ma faute ». Si cette ONG se prévaut d’être l’observatoire des droits de l’homme et de l’éthique, elle devrait faire son auto- procès puisqu’elle enfreint le droit rudimentaire de non-atteinte à l’image à un Etat, et donc, à tout un peuple. Les Marocains sont lésés. Ils utilisent les réseaux sociaux pour s’informer. Depuis un an et demi, ils sont bombardés par des articles de presse et des commentaires viscéraux qui accusent leur pays d’espionnage. Ces messages empoisonnés qu’ils recevaient visent en vérité à les faire douter de l’intégrité de leur Etat. Les médias européens et ONG, à l’origine de cette campagne visant le Maroc, usent de la technique du matraquage, connue pour être l’outil de propagande par excellence.

Le problème, c’est que le mal est fait. Le Maroc et ses avocats le savent. Ce qu’il essaient de faire en estant en justice cette bande d’ONG et médias au service d’agenda politiques et géopolitiques, c’est de rétablir la vérité en démontant leurs mensonges. C’est un droit des plus légitimes. On nous attaque, on tente de nous discréditer et de nous rabaisser, et quand on se défend, on nous attaque de nouveau sous prétexte de la liberté d’expression et des médias. De quelle liberté parle-t-on quand des médias font fi du principe fondateur de la déontologie professionnelle, à savoir la vérification préalable des faits ?

Nous sommes, malheureusement, devant un scénario maléfique. Le capital vend de sa quiescence le travail journalistique. Des journaux de renom comme Le Monde et El Pais qui se permettent de diffuser de fausses informations. Il est révolu le temps de Beuve-Méry, fondateur de Le Monde, du journalisme de terrain. On se sert de médias influents et d’ONG qui ont pignon sur rue pour atteindre des visées politiques. C’est ce genre de comportements et de manque de professionnalisme qui érode la crédibilité même du monde de la presse.

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