Les médias audiovisuels doivent se réinventer face au digital

Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle

Latifa Akharbach, présidente de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA), a participé, le mardi 5 octobre 2021, au Forum International des Régulateurs organisé par visio-conférence par l’International Institute of Communications.

“Si les médias ont toujours eu à s’adapter aux évolutions technologiques pour survivre, l’effort d’adaptation à fournir aujourd’hui par la radio et la télévision est encore plus grand car les mutations induites par la technologie numérique sont rapides, profondes et disruptives”, a déclaré Latifa Akharbach lors de son intervention, le mardi 5 octobre 2021, au Forum International des Régulateurs organisé par visio-conférence par l’International Institute of Communications, basé à Londres.

La présidente de la HACA a rappelé que «L’une des principales difficultés pour les radios et télévisions classiques est d’appréhender les transformations de la demande du public devenu internaute et de s’adapter aux nouveaux usages des médias nés de la digitalisation et de la globalisation de la communication. Dans la nouvelle réalité des médias, la radio et surtout la télévision ne constituent plus qu’une partie des ressources audiovisuelles disponibles dans le vaste univers internet», précise Mme Akharbach.

Modèle communicationnel bouleversé
Intervenant dans le cadre du panel intitulé «Avenir du service public: Comment soutenir et protéger les programmes d’information et de proximité?», auquel ont participé également des représentants des instances de régulation de la France, de l’Afrique du Sud et des Philippines, Mme Akharbach a souligné que le modèle communicationnel qui liait les chaînes de radio et de télévision à leurs publics a été bouleversé et s’est reconfiguré en profondeur en très peu d’années. Ces publics, a expliqué la présidente de la HACA, sont devenus des consommateurs actifs, qui ont la possibilité d’intervenir dans les programmes, qui sont euxmêmes parfois créateurs de contenus et qui ont par ailleurs à leur disposition plusieurs écrans qu’ils regardent parfois en simultané.

Pour toutes ces raisons, a-t-elle également affirmé, la radio et la télévision, notamment publiques, doivent relever deux défis devenus urgents dans un environnement en mutation rapide. «La première mutation à parachever consiste à devenir un média global avec une offre de contenus multi-supports et cohérente avec les nouvelles attentes du consommateur des médias en termes d’interactivité, d’évolution des pratiques culturelles et récréatives et de nouvelles formes de sociabilité.

Le second défi à relever est celui de devenir un producteur de contenus compétitifs face à l’offre des plateformes globales et des réseaux socio-numériques». Pour rappel, la HACA est membre de l’International Institute of Communications, thinktank international créé il y a un demi-siècle. Il réunit des représentants gouvernementaux, des organes de régulation et des acteurs de l’audiovisuel et des télécommunications, issus d’une trentaine de pays des cinq continents.

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