LES MÉDECINS DU SECTEUR PUBLIC EN GRÈVE

LES RAISONS DE LA COLÈRE

Le syndicat indépendant des médecins du secteur public a décidé d’organiser une grève générale les 4 et 5 novembre 2020. Une manifestation qui va durement perturber le fonctionnement normal des services sanitaires au moment où l’épidémie s’aggrave.

Comme tous les Marocains, les médecins du secteur public en ont ras-le-bol. Durant toute la période de la crise sanitaire, ils sont au front, bravant la peur, la fatigue et l’éloignement de leurs enfants et leurs proches, pour soigner les malades du Covid-19.

Jamais les médecins du secteur public n’ont été aussi mobilisés qu’aujourd’hui. Tout le monde reconnaît que les sacrifices qu’ils ont consentis sont énormes: non seulement ils mettent leurs vies en danger au quotidien, mais le gouvernement n’est pas reconnaissant de leurs efforts. Alors que les gouvernements dans les autres pays les gratifient, les récompensent et les valorisent, chez nous, ils sont écrasés, humiliés et jetés aux oubliettes.

Après avoir ponctionné sur leurs salaires pendant trois mois pour alimenter le fonds spécial du Covid-19, on les a privés de leurs congés annuels. Mais, malgré tout cela, ils n’ont jamais protesté mettant ainsi l’intérêt du pays au dessus de tout.

Menace de démissions collectives
Conscients des grands enjeux de cette crise sanitaire et de son impact sur la situation économique et sociale du pays, les médecins du secteur public ont, pendant ces longs mois, travaillé avec toute la détermination et l’abnégation nécessaires pour vaincre ce virus et sauver notre pays d’une pandémie aussi dangereuse et mortelle. Seulement, la patience a des limites. Voyant leurs droits bafoués et leurs conditions de travail se détériorer, le Syndicat indépendant des médecins du secteur public a décidé d’organiser une grève générale les 4 et 5 novembre 2020, en protestation contre ce qu’ils appellent dans leur communiqué, rendu public lundi 12 octobre, le mépris manifesté par le gouvernement à leur égard.

En revanche, cette grève ne connaîtra pas la participation des médecins urgentistes et des réanimateurs, qui vont demeurer mobilisés à sauver les vies des malades du Covid-19 qui se trouvent dans des cas sévères. Outre la grève générale, les médecins du secteur public envisagent d’entreprendre des actions de protestation comme l’échange de la blouse blanche par une blouse noire en guise de deuil, le boycott des opérations chirurgicales arbitraires qui ne respectent pas les standards de sécurité sanitaire et la menace de démissions collectives dans les hôpitaux.

Si de telles actions sont menées, il est certain que le fonctionnement normal des services sanitaires dans les hôpitaux publics sera durement affecté au moment où l’épidémie s’aggrave avec des records de cas positifs au Covid-19 enregistrés tous les jours.

Le ministre de la santé, qui est fortement critiqué pour sa mauvaise gestion de la crise sanitaire, est rapidement invité à ouvrir un dialogue sincère et franc avec les médecins du secteur public. Faute de quoi, il faut s’attendre à un effondrement de tout le système de santé publique qui s’essouffle avec la crise du Covid-19.


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