Le cabinet MC Kinsey dresse les priorités en matière de développement pour le Royaume

L’IMPÉRATIF D’UN DÉVELOPPEMENT DURABLE

“Si les priorités et le plan d’action suggérés sont suivis, l’économie pourrait réaliser une croissance comprise entre 2% et 3% par an”.

“Au-delà du plan de relance à court terme, nécessaire au redémarrage de l’économie, définir l’ambition de développement à moyen et long termes est impératif. La crise révèle et accélère des tendances économiques de fond et déclenche également de nouvelles dynamiques”, estime le cabinet McKinsey intitulée, qui juge la gestion de la crise par le Maroc très efficace aussi bien sur le plan sanitaire que sur le plan économique. C’est ce qui ressort en substance de l’analyse de ce cabinet international intitulée «Perspectives sur les priorités économiques et sociales du Maroc post-Covid». En effet, à l’instar des autres pays, le Maroc aura à faire face non seulement à une récession économique attendue de 4% à 10% pour 2020, mais aussi à un risque social avec un niveau de chômage attendu post-Covid de plus 1 à 2 millions de personnes, en particulier de jeunes.

Risque auquel il faut ajouter toute une série d’autres risques. À commencer par un risque particulièrement important pour les secteurs exportateurs durement impactés (tourisme, aéronautique, automobile, etc.), suivi d’autres risques à moyen terme sur la santé et l’éducation (aggravation des maladies non soignées pendant le confinement, méfiance durable, trauma post-Covid, décrochage scolaire). Sans oublier le risque de ralentissement des investissements dans l’énergie verte au profit des politiques de sauvetage de l’économie.

Transformation digitale
Vu ces risques socio-économiques, le Maroc n’a d’autre choix que de saisir les opportunités qui se présentent à lui pour réinventer son modèle de développement, nous disent les experts de McKinsey. Ainsi, du côté des secteurs exportateurs, le Maroc a tout intérêt à profiter de la reconfiguration des chaînes de valeur européennes vers plus de «nearshoring» et de résilience pour se positionner comme un partenaire privilégié sur des segments à plus forte valeur ajoutée. Concernant les secteurs de la santé et de l’éducation, l’opportunité est offerte pour le Royaume d’accélérer le programme de transformation digitale (téléconsultations, éducation à distance, services publics digitalisés…) et de renforcer les systèmes de santé, d’éducation et de protection sociale par l’investissement public.

Du côté du secteur de l’énergie, le Royaume peut saisir l’opportunité de consolider l’autonomie énergétique et la position de leader régional grâce aux énergies renouvelables en incitant et en accélérant leur usage (industries décarbonnées à l’export, citoyens…). Saisir ces opportunités ne peut qu’aller dans le sens des priorités de développement que devrait avoir le Royaume, à moyen terme (sur les 3 à 5 prochaines années) après la crise du Covid, selon les analystes du cabinet McKinsey. Priorités autour d’un Maroc social, d’un Maroc créateur de richesse, d’un Maroc digital et d’un Maroc durable. Un Maroc social, dont le système de soins de qualité doit être accessible à tous. Ainsi qu’un Maroc où une école de qualité doit garantir l’égalité des chances et permettre l’inclusion des plus vulnérables dans la société.

Un Maroc social mais aussi un Maroc créateur de richesse à la fois au niveau local qu’au niveau régional. En mettant, notamment, l’accent sur le développement des filières au service de la demande locale, de moteurs à l’export intégrés régionalement sur les nouvelles chaînes et d’un secteur financier au service d’une économie locale, nationale et régionale. Un Maroc digital permettant la transformation digitale de l’Administration au service des citoyens et investisseurs, ainsi que la digitalisation de l’économie et la création d’un écosystème technologique. Le tout dans le cadre d’une convergence vers une société digitale inclusive. Enfin, un Maroc durable construit autour d’un leadership régional en termes d’énergies renouvelables, d’une agriculture durable et gestion optimisée de l’eau. Le tout dans le cadre d’un ancrage de l’économie dans le développement durable.

Restaurer la confiance
Par ailleurs, les experts de McKinsey n’ont pas oublié d’énumérer ce qu’ils appellent des priorités transverses telles que le fait d’accélérer l’investissement public et privé, renforcer le capital humain sur les secteurs porteurs, adapter et simplifier la réglementation, restaurer la confiance et promouvoir la culture nationale. Pour chacune de ces priorités, McKinsey propose une série d’actions à entreprendre.

Le cabinet précise que les choix à court et à moyen termes détermineront la trajectoire des indicateurs socio-économiques du Maroc. Il estime que si les priorités et le plan d’action qu’il suggère sont suivis, l’économie pourrait réaliser une croissance comprise entre 2% et 3% par an, tirée par les investissements publics (santé et éducation), les industries locales et le secteur primaire. Tout un programme qu’il faut méditer.