Du Maroc vert à la génération green

DES PROJETS POUR LA CAMPAGNE ET DES PERSPECTIVES D’EMPLOIS POUR LES JEUNES

Opportunité d’emplois pour les jeunes. Émergence programmée d’une classe moyenne en milieu rural. Un nouveau modèle de développement spécifique est en marche.

Il y a des sujets qui semblent être uniques à l’ordre du jour de l’instance gouvernementale. La nouvelle stratégie de développement du monde rural est de ce type. À juste titre. L’exposé de Aziz Akhannouch au conseil du gouvernement du 27 février 2020 en fait la démonstration. Cette vision d’un avenir proche aspire, dit-il, à permettre à 350 mille postulants et 400 mille familles d’accéder à un usufruit grâce à la mobilisation d’un million d’hectares. Près de 450 mille autres accèderont à un emploi au service agricole et semi agricole. Ce sont, pour la plupart, de jeunes entrepreneurs qui sont appelés à construire une classe moyenne parfaitement intégrée aux réalités du monde rural. Une grande avancée sociale et économique. Une révolution sociologique. Ce qu’il faut surtout retenir, c’est qu’on est passés du plan Maroc Vert à la «génération green».

Grande disparité
Un passage ambitieux, mais réalisable. Ce plan a d’ores et déjà permis l’amélioration substantielle du PIB et des exportations agricoles marocaines. Tous les espoirs sont fondés sur cette nouvelle approche, avec une insistance particulière sur la primauté de la jeunesse dans ses conditions de vie et son statut social. Le seul point qui prête à la retenue concerne la mise en oeuvre par les administratifs en charge de ce secteur, dans ses dimensions multiples voire identitaires. Ne dit-on pas qu’il y a un brin de ruralité dans chaque Marocain?

Souvent, les douars d’un autre âge sont broyés par une mauvaise urbanisation galopante; elle-même insuffisamment servie en terme d’équipement minimal. Il y a là une contemporanéité qui défie le bon sens. Que l’on soit dans l’un ou l’autre de ces deux espaces de vie, ville-campagne, la recherche du meilleur ne peut se réaliser que par une totale implication humaine. Cette assertion plutôt banale constitue le fond même du plan Maroc vert, tout autant que de la «génération green». Lentement mais sûrement, le label Maroc semble avoir rompu avec la morosité ambiante dans les milieux ruraux. Valeur aujourd’hui, «la récolte» sera bonne demain.

La nature nous apprend que sans eau, nulle vie possible sur terre. Or, cette matière si précieuse est actuellement l’objet de toutes les dilapidations, par la faute de ceux qui en ont le plus besoin: les agriculteurs. Paradoxe inadmissible, en ce sens qu’il donne la mesure de la grande disparité ville-campagne. Un sentiment de commodité dans les villes où il suffit de tourner le robinet pour obtenir de l’eau potable à profusion; ceci, bien entendu, après le passage de la douloureuse facture de l’eau. On comprend dès lors l’intérêt de la gestion de l’eau ainsi que celle des forêts et des abus qu’elle endure. Auparavant, jeudi 13 février, Aziz Akhannouch a dressé un tableau éminemment expressif sur la situation des secteurs dont il a la charge; les activités agricoles, la pêche et l’eau. Il a pris l’engagement devant S.M. le Roi d’agir dans le cadre de ce nouveau plan de développement agricole, au nom de «Génération Green».

La rationalisation de la consommation de l’eau est aux premières loges. Le dessalement de l’eau de mer est également à l’ordre du jour. Les équipements indispensables à son fonctionnement pourraient être un générateur d’emplois et source de revenus, particulièrement pour les jeunes. En gros et dans le détail, une ouverture prometteuse sur un avenir où toutes les évolutions sont possibles.


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