LES MAROCAINS “PAS PRÊTS”, SELON UNE NOUVELLE ÉTUDE

RECONFINEMENT

Les mesures de précaution et de prévention adoptées viseront à freiner la propagation du virus tout en adaptant les programmes avec le système dual de formation.

Plus de la moitié des Marocains ne seraient ni psychiquement ni matériellement prêts pour un deuxième confinement, après celui qui a eu cours du 20 mars au 24 juin. C’est le principal résultat d’une étude que vient de publier l’Institut marocain d’analyse des politiques (MIPA), un think tank basé à Rabat.

La proportion exacte des Marocains ayant exprimé au cours de l’étude, qui a été réalisée au cours du mois de juillet, leur réticence visà- vis d’un reconfinement (y compris si la pandémie de Covid-19 venait à s’étendre davantage) est de 54%, et même si le MIPA s’est contenté de recueillir des données quantitatives sans entrer dans les explications, on peut en deviner les raisons: le confinement a pour beaucoup été, selon l’institut, synonyme d’une baisse de revenus, dont 31% des sondés qui ont vu leurs rentrées d’argent significativement chuter. Ce qui, révèle la même source, s’est d’ailleurs répercuté, dans quasiment les mêmes proportions, par un recul des dépenses (pour 54% des sondés).

Mesures de protection
Pour autant, l’absence de volonté de repasser au confinement ne semble pas pour autant signifier que les Marocains voient la chose d’un mauvais oeil: au contraire, la population a été satisfaite, à hauteur de 77%, des mesures prises par les autorités depuis la déclaration de l’état d’urgence sanitaire. Le confinement en lui-même a recueilli le suffrage de 87% des sondés. Dans le sillage du discours adopté au cours des dernières semaines par les autorités, les Marocains semblent en fait conscients du fait que c’est à eux-mêmes qu’ils doivent jeter la pierre, dans la mesure où 65% d’entre eux ne croient pas que leurs concitoyens aient respecté les mesures de sécurité et de protection.

Ce que corrobore justement le fait que beaucoup reconnaissent ne pas avoir utilisé de stérilisateurs (53%), être sortis de leurs maisons même quand cela n’était pas nécessaire (46%), ne pas avoir appliqué de distanciation physique (59%), ne pas mettre de masque (71%) et ne pas se laver régulièrement les mains (72%).

De fait, la recrudescence des cas constatée depuis la fin du confinement peut aisément se comprendre. Dans ce sens, le roi Mohammed VI avait critiqué le 20 août, dans son dernier discours de la Révolution du Roi et du peuple, le fait que “certains [aient] confondu levée du confinement et fin de la maladie alors que d’autres ont affiché un laisser-aller et un relâchement inadmissibles”, n’écartant pas “un retour au confinement, voire un durcissement des mesures sanitaires”.