Les Marocains se mobilisent pour faire don de leur sang

LA PÉNURIE DE SANG S'AGGRAVE AVEC LE CONFINEMENT

La ville la plus touchée par la pénurie est Casablanca où le besoin se fait de plus en plus pressant. Son stock de sang couvre à peine cinq jours de demandes.

A l’heure du confinement, sortir est devenu une restriction majeure pour les Marocains. Quoique utile pour réussir le confinement, cette restriction pénalise l’opération du don de sang. Un acte devenu rare en ces temps de crise sanitaire au point où les stocks de sang sont au plus bas, mettant ainsi en danger la vie de milliers de malades partout au Maroc. Mais il y a toujours une exception à la règle. Malgré le confinement et l’état d’urgence sanitaire, plusieurs corps professionnels se sont mobilisés pour apporter leur contribution à réalimenter les stocks. Jeudi 26 mars 2020, c’est le corps de la police qui s’est mis en première ligne.

Initiative louable
Ainsi, plusieurs policiers et policières de la préfecture de police de Casablanca, en uniforme ou en civil, se sont déplacés au centre régional de transfusion sanguine de Casablanca, pour accomplir cet acte humanitaire. La veille, mercredi 25 mars, ce sont leurs collègues de Rabat qui ont fait de même. Autre initiative louable, c’est celle des pharmaciens du Maroc qui se sont rendus aux différents centres régionaux de transfusion sanguine de leurs villes. Ce sont là plusieurs actes salutaires susceptibles de réduire ne serait-ce que légèrement le déficit qu’accuse les banques de sang du Royaume. Mais la ville la plus touchée par cette pénurie demeure, sans conteste, la région de Casablanca, qui connaît une forte demande de sang.

Réseaux sociaux
Face à cette demande qui ne cesse d’augmenter de jour en jour, le stock touche à sa fin. D’après Docteur Amal Darid Ibnelfarouk, directrice du centre régional de transfusion sanguine de Casablanca, notre stock couvre à peine cinq jours de demandes. Ce qui fait que des centaines de malades dans la ville, atteints de maladies chroniques, sont en réel danger de mort». Une situation gravissime qui s’est empirée ces derniers jours, après que le gouvernement ait décrété l’état d’urgence sanitaire. Pour s’adapter à cette situation provoquée par la propagation du Coronavirus, le centre régional de transfusion sanguine de Casablanca coordonne avec les autorités locales, notamment avec les différents arrondissements administratifs relevant du ministère de l’Intérieur, pour faciliter la tâche aux Marocains qui souhaitent accomplir cet acte.

Dans ce cadre, une jeune employée du centre s’est particulièrement activée sur les réseaux sociaux pour inciter les Casablancais à se déplacer pour faire don de leur sang. Dans une vidéo virale publiée sur Facebook, cette jeune infirmière alerte sur la gravité de la pénurie de sang dans la ville et semble déterminée à accompagner les Casablancais qui le souhaitent pour leur faciliter toutes les tâches administratives, devenues obligatoires, notamment l’obtention d’une autorisation de déplacement auprès de l’arrondissement administratif.

Il faut savoir que donner son sang n’est pas synonyme de danger pour la santé des donneurs, contrairement à certaines idées reçues. D’autant que toutes les dispositions médicales de sécurité sanitaire et de stérilisation ont été déjà prises. Les mesures de prévention liées à la lutte contre la pandémie de Coronavirus obligent, le dispositif de prélèvement de sang a été renforcé pour offrir des conditions optimales de sécurité sanitaire. Tous les âges peuvent y contribuer. Une femme peut donner son sang 3 fois par an et un homme 5 fois par an. L’âge du donneur varie entre 18 et 60 ans. Avant le prélèvement, un entretien médical confidentiel obligatoire permet au médecin de connaître l’état de santé du donneur.

Cette phase est primordiale pour la sécurité transfusionnelle. Le processus est bien encadré et verrouillé pour respecter les procédures de surveillance depuis la collecte du sang jusqu’au suivi des receveurs. La quantité prélevée est de 400 ml, soit 7% du sang de l’organisme humain. En temps normal, une veille permanente est mise en place pour surveiller l’équilibre entre les stocks et les besoins exprimés.

Sauver des vies
Les stocks sont vérifiés quotidiennement au niveau régional et chaque semaine au niveau national. Trois niveaux ont ainsi été définis: le niveau standard (couleur verte) correspond à un état de stock pouvant répondre aux besoins en produits sanguins sur plus de 7 jours.

Le niveau intermédiaire (couleur jaune) correspond à un niveau de stock inférieur à 7 jours, mais supérieur à 2 jours. C’est lorsqu’on atteint ce niveau que les appels aux dons sont lancés de manière systématique. Le dernier niveau correspond à l’état critique (couleur rouge) et il est atteint quand les stocks en produits sanguins n’arrivent pas à couvrir les besoins de 2 jours.

Une véritable mobilisation des Marocains est ainsi fortement souhaitée pour reconstituer les stocks de sang qui s’épuisent jour après jour. Après les pharmaciens et les policiers, de nouveaux corps professionnels sont invités à leur emboiter le pas. Leurs dons vont sauver des vies humaines en réel danger de mort.


1 commentaire

  • ben mhammed

    28 Mars 2020

    Le sens d appartenance a une société est très important dans ce genre de situations.Cette question de don de sang est un problème qui revient de manière récurrente Problème ,lorsqu on se sent laisse pour compte et que l on évolue dans un environnement non pas a deux mais a multiples vitesses ,la réponse favorable a ce genre de demande peut être négligeable .A un moment donne ,on ne peut plus demander aux gens de tout donner y compris leur sang alors qu il ne reçoivent presque rien en contrepartie.Le sentiment d abandon peut avoir des repercussions néfastes sur le fonctionnement de la société .alors il est grand temps que les responsables place le citoyen marocain dans le centre de leur intérêts comme ca se fait dans plusieurs autres pays

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