RAMADAN 2024 SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

Les Marocains et leur foi 2.0

Alors que la technologie redéfinit nos modes de vie, les Marocains embrassent la digitalisation pour renouveler et enrichir leurs pratiques religieuses.


On ne l’aurait jamais cru, ce Ramadan, en plus des mosquées, des réunions nocturnes religieuses dans les maisons de nos grands parents ou dans des confréries dans une atmosphère de dévotion et de piété, les Marocains se réunissent également sur des applications et des réseaux sociaux pour accomplir leurs pratiques religieuses. En effet, grâce à la technologie, la foi embrasse une nouvelle dimension 2.0 à travers des plateformes telles que WhatsApp, Telegram, et Facebook.

En effet, ces applications deviennent les nouveaux minarets d’où s’élèvent des communautés spirituelles, dont le nombre varie entre une dizaine et des centaines, unies par la lecture du Coran, l’apprentissage du Tajwid, la mémorisation des versets sacrés, et la découverte approfondie de l’islam à travers des lectures partagées sur l’Islam, la vie du Prophète Mohammed SWS ou autres livres sur l’histoire des civilisations musulmanes…

Karima, 53 ans, mère au foyer, membre active d’un groupe Telegram dédié à l’apprentissage du Coran ( appelé Hifd), sous le nom de “Groupe notre mère Aicha” , qui regroupe plus de 300 femmes, distribuées par des groupes selon le niveau (femme du prophète Mohammed SWS), nous a assuré que «C’est une bénédiction de trouver une communauté qui partage le même objectif: mémoriser le Coran. Chaque jour, nous nous fixons des versets à apprendre, et nous nous soutenons mutuellement dans cet effort». Membre du même groupe, Amina, 46 ans, nous a annoncé que «Ce groupe est devenu une partie essentielle de ma vie. Nous partageons des lectures, discutons de questions liées à la foi, et nous soutenons dans nos défis quotidiens. C’est une source d’inspiration et de motivation constante.»


Ces espaces numériques facilitent également l’apprentissage du Tajwid, ou la lecture du coran, «J’ai toujours voulu améliorer ma récitation du Coran, mais les cours en personne étaient difficiles à intégrer dans mon emploi du temps vu la responsabilité des enfants, du travail, la préparation du Ftour... Grâce à ce groupe, j’apprends à réciter avec les règles du Tajwid, et je sens que ma connexion avec les mots sacrés s’approfondit chaque jour.»

Digitalisation des pratiques
Par ailleurs, la lecture collective de livres sur le Prophète et sur les principes de l’Islam ajoute une autre dimension à ces groupes. «Nous avons récemment commencé à lire ensemble un livre sur la vie du Prophète Mohammed. Chaque semaine, un membre différent partage son résumé et ses réflexions. Cela enrichit notre compréhension de l’islam et renforce notre lien communautaire», confie Loubna, 37 ans, enseignante de mathématiques dans le cycle secondaire mais qui anime un cercle de lecture sur WhatsApp volontairement.

En effet, alors que certains groupes sont des initiatives de simples personnes aspirant à trouver de nouveaux moyens pour renforcer leurs pratiques religieuses, se motiver et inspirer d’autres personnes à faire de même, d’autres groupes sont organisés par des associations ou encore des confréries religieuses. Ainsi, la digitalisation des pratiques religieuses au Maroc révèle une évolution fascinante de la foi dans l’ère numérique. Elle montre comment la technologie, souvent critiquée pour son effet isolant, peut en réalité tisser des liens de solidarité, d’apprentissage et de profonde spiritualité.

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