Les Marocains du Golfe prennent le relais

Les transferts des mre d'Europe en forte baisse

Les envois d’argent des Marocains du Golfe ont fait un grand bond en avant, reprenant le flambeau des mains des MRE d’Europe, plus nombreux, en proie à la crise économique qui frappe le Vieux continent.

Principale source des devises aux côtés des recettes du tourisme, les envois d’argent des Marocains du monde vers leur pays d’origine ont baissé en 2018, selon les dernières statistiques publiées par l’Office des changes. D’abord, une forte baisse de 5,7% au cours des trois premiers mois de 2019. Les MRE ont transféré 15,1 milliards de dirhams sur la période, contre 16 milliards de dirhams un an plus tôt. Même tendance en 2018. Les recettes des transferts des Marocains résidant à l’étranger se sont établies à 64,8 milliards de dirhams, enregistrant une baisse de 1,7% par rapport à 2018.

Un soutien important
Avec un volume représentant 6,2% du PIB du Maroc, les Marocains du monde ont transféré, l’année dernière, près de 7,4 milliards de dollars vers le Royaume, selon une note d’information de la Banque mondiale. Celle-ci pointe du doigt, entre autres, les coûts des transferts, qui restent élevés et loin de la barre des 3% fixée dans les Objectifs de développement durable. Ces transferts représentent un soutien important au pouvoir d’achat de millions de familles, notamment en milieu rural et les régions pauvres.

Jusqu’en 2007, les transferts des MRE évoluaient à deux chiffres chaque année. Mais la crise internationale de 2008 a changé la tendance: depuis cette année, on enchaîne les baisses et les petites hausses. Les MRE à l’origine de ce ralentissement sont ceux établis dans les pays d’Europe, dont les envois ont nettement chuté. Ces pays d’accueil, où se concentre le gros des Marocains du monde, sont les destinations traditionnelles qui génèrent le plus gros des recettes: Espagne (-34% en 11 ans), Italie (-10%), Pays-Bas (-9,6%), Royaume-Uni (-20,9%). La France, premier contributeur aux recettes MRE, a limité sa baisse à 1,4% depuis 2007. Les raisons sont multiples: Pertes d’emplois, conditions de travail difficiles, dégradation du pouvoir d’achat, manque de visibilité.... Face à cette baisse, les Marocains résidant dans les pays du Golfe ont pris le relais, puisqu’ils ont envoyé plus d’argent vers leur pays d’origine. Ainsi, en 2018, ils ont transféré quelque 11,6 milliards de dirhams, soit environ 17,8% du montant total envoyé par les Marocains établis à l’étranger.

Migration féminine
En détail, les Marocains d’Arabie saoudite ont envoyé 4,54 milliards de dirhams, ceux du Qatar 1,26 milliard de dirhams et ceux habitant au Koweït ont transféré un peu plus d’un milliard de dirhams (1,04). Mais qui sont-ils, ces Marocains établis dans les pays arabes et surtout au Golfe? Le rapport 2013 de la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger souligne que l’attraction des pays arabes est justifiée par la fermeture de l’Europe de Schengen, destination classique.

Les pays du Golfe accaparent 50% des femmes marocaines établis dans les pays arabes. La migration féminine est le résultat d’un projet migratoire individuel qui s’appuie sur les réseaux familiaux, sociaux, mafieux… Les hommes travaillent comme artisans, l’hôtellerie, l’enseignement, la justice, dans la police de la sécurité intérieure ou dans la protection civile. Un rapport ancien de la Fondation Hassan II s’était intéressé à cette question en 2007. Il en ressort que les Marocains d’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis (EAU) sont employés, par ordre d’importance, dans les services de l’hôtellerie –aussi bien l’animation nocturne «art et musique» que le management et les emplois subalternes-, du commerce et de l’administration (police, sécurité...) ou encore dans la coiffure et l’esthétique.

Les femmes, plus précisément, sont en majorité nurses ou domestiques mais aussi couturières, décoratrices et hôtesses de l’air. En dehors des services, les emplois qu’exercent les Marocains dans ces pays concernent l’agriculture, la mécanique, l’électricité et l’électronique.

Services domestiques
Toutefois, fait remarquer l’étude, l’emploi féminin est prédominant, en particulier aux EAU, et la plupart du temps, les contrats délivrés ne correspondaient pas à l’activité indiquée, ces femmes étant souvent victimes de réseaux de prostitution. Plus que cela, la Fondation explique dans sa publication que la forte présence des femmes dans les services domestiques et dans la prostitution équivaut à «une exportation, d’un côté, de la tendresse et de l’autre, des services sexuels».

Conditions inhumaines
Aux EAU, toujours, plus de la moitié des Marocaines opèrent dans les «services nocturnes» et les réseaux de prostitution. En rapport avec les conditions dans lesquelles travaillent les domestiques femmes, l’enquête affirme qu’elles «sont parfois inhumaines. Ce qui semble dissuader les autres ressortissantes des pays arabes à occuper ces postes demeurant convoités par les Asiatiques et les Marocaines». La Fondation Hassan II avait soulevé ainsi les abus dont font les frais tout particulièrement les domestiques, soulignant leur surexploitation qui les réduit à «l’esclavage ».

Pour balayer d’un revers de la main cette image négative, les Marocaines optent pour le mariage mixte, très répandu, selon l’étude, en Arabie saoudite, où l’obtention de la nationalité est très difficile.

Ces données étant anciennes, il est sûr que les conditions de vie et de travail des Marocaines et des Marocains des pays du Golfe ont connu quelques changements depuis, mais une chose est sûre: leur attachement à leur pays d’origine et à leurs familles est indéfectible.


1 commentaire

  • m2m

    12 Juin 2019

    Les marocains sont certes attachés a leurs pays mais ce dernier s en fout royalement de leur conditions ou de leurs sacrifices.Chaque été on a droit au même scénario bien rodé qui loue les efforts colossaux des services concernés pour faciliter l opération retour au bercail, mais en filigrane c est leur argent qui est en ligne de mire.L Etat a réduit ses propres enfants en esclaves pour d autres pays et proclamé ,sans vergogne, ses propres filles en prostitués ou entremetteuses aux pays des cheikhs. Le jours ou j ai réalisé que ``fils de marocaine`` signifiait fils de pute chez les machriki ,mon cœur a saigné de douleur et la blessure ne s est jamais refermée tellement la elle était profonde.J ai eu pitié de ma gd mère ,ma mère mes sœurs ma femme ma fille et pour toute fille ou femme de mon pays.J ai eu honte de ce pays qui vend ses filles au plus offrant (a l étranger comme a l intérieur du pays ). L honneur de toute la gente féminine marocaine et l honneur de toute une nation est éclaboussée a jamais pour une poigne dé dollars .Maudit soit le(s) responsable(s) qui ont transformé mon beau pays en maison de tolérance a ciel ouvert ,maudits soit ceux qui ne réalisent pas qu il vaut mieux mourir en honneur que de vivre en déshonneur.Inutile de rappeler qu on est devenu la risée de tous les peuples arabomusulmans ,même les bangladais qui n ont aucune loi contre la prostitution se foutent de notre gueule .

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