Du Maroc vert à la génération green

Rationalisation de la consommation d’eau. Opportunité d’emplois pour les jeunes. Émergence d’une classe moyenne en milieu rural. Un nouveau mode de développement spécifique est en marche.

Les périples royaux se poursuivent à travers le royaume. Le dernier en date n’est pas plus loin que le jeudi 13 février 2020. Le souverain a fait du chef lieu Chtouka Ait Baha une tribune nationale pour la nouvelle stratégie de développement agricole. Une toute première mise au point juste pour savoir que cette stratégie dépasse les limites géographiques du pays ; bien qu’elle semble mettre le cap uniquement sur le sud.

Cette stratégie s’adresse au monde rural de chez nous dans sa totalité. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’on est passé du plan Maroc vert à la "génération green". Un passage ambitieux mais réalisable. L’opération "Maroc vert" a permis l’amélioration substantielle du PIB et des exportations agricoles marocaines. D’ores et déjà, tous les espoirs sont fondés sur cette nouvelle approche, avec une insistance particulière sur la primauté de la jeunesse dans ses conditions de vie et son statut social. En elle-même, le seul point qui prête à la retenue concerne la mise en œuvre par les administratifs en charge de ce secteur dans ses dimensions multiples voire identitaires. Ne dit-on pas qu’il y a un brun de ruralité dans chaque marocain. Il suffit juste de gratter un peu pour découvrir un paysannat endormi, le temps d’une saison décisive. Le Maroc est ainsi entre ciel et terre. Une autre facette de son identité quelque peu complexe. Car le monde rural marocain n’a pas cessé de donner le sentiment d’être dans un autre monde. Souvent, les douars d’un autre âge sont broyés par une mauvaise urbanisation galopante ; elle-même insuffisamment servie en terme d’équipement minimal. Il y a là une contemporanneité qui défie le bon sens.

Que l’on soit dans l’un ou l’autre de ces deux espaces de vie, ville-campagne, la recherche du meilleur ne peut se réaliser que par une totale implication humaine. Cette assertion plutôt banale constitue le fond même du plan Maroc vert, tout autant que "génération green". Lentement mais sûrement, le label Maroc semble avoir rompu avec la morosité ambiante dans les milieux agricoles. Valeur aujourd’hui, la récolte sera bonne demain.

La nature nous apprend que sans eau, nulle vie possible sur terre. Or, cette matière si précieuse est actuellement l’objet de toutes les dilapidations par la faute de ceux qui en ont le plus besoin ; les agriculteurs. Paradoxe. Bien plus que le sentiment de commodité dans les villes où il suffit de tourner le robinet pour obtenir de l’eau potable à profusion. On comprend dès lors l’intérêt de la gestion de l’eau ainsi que celle des forêts et des abus qu’elle endure. Dans la cérémonie de ce jeudi 13 février, Aziz Akhenouch a dressé un tableau éminemment expressif sur la situation des secteurs dont il a la charge ; les activités agricoles, la pêche et l’eau. Il a pris l’engagement devant SM le Roi d’agir dans le cadre de ce nouveau plan de développement agricole au nom de "génération Green".

La rationalisation de la consommation de l’eau est aux premières loges. Le dessalement de l’eau de mer est également à l’ordre du jour. Les équipements indispensables à son fonctionnement pourraient être générateurs d’emplois et source de revenus, particulièrement les jeunes. Dans cet ordre d’idées, le souverain a évoqué l’émergence possible d’une classe moyenne de souche agricole. Une ouverture prometteuse sur un avenir où toutes les évolutions sont possibles.


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