Maroc-USA: Washington tient plus que jamais au partenariat bilatéral

La capitale américaine, qui prévoit de se désengager de plus en plus militairement de la région au cours des proches années, compte beaucoup sur le Maroc pour aider à la lutte contre les différentes menaces sécuritaires.

Les responsables américains continuent de se presser à Rabat. Après le secrétaire étasunien à la Défense, Mark Esper, qui avait effectué un crochet par le Maroc le 2 octobre 2020 au cours d’une tournée maghrébine qui l’avait également mené l’avant-veille et la veille respectivement en Tunisie et en Algérie, c’est, cette fois, le secrétaire d’État adjoint aux Affaires du Proche-Orient de l’administration Donald Trump, David Schenker, qui se trouvait ce 19 octobre dans la capitale pour s’entretenir avec le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita.

L’occasion pour lui, et ce dans le droit fil des déclarations à l’avenant de M. Esper, de mettre en exergue la qualité de “partenaire étroit” que constitue aux yeux de son pays le Royaume, surtout son rôle pour aider à assurer, selon ses mots, “la stabilité, la sécurité et le développement” de la région. Il faut dire, d’ailleurs, qu’une feuille de route avait été signée, au cours du déplacement de M. Esper, pour renforcer la coopération à ce niveau, notamment en matière de lutte contre le terrorisme, l’extrémisme violent, la criminalité transnationale ou encore la cybercriminalité, comme avait égrené M. Bourita, présent aux côtés du ministre délégué à l’Administration de la Défense nationale, Abdellatif Loudiyi, au moment où celui-ci avait apposé son nom en bas de ladite feuille de route.

Résultats positifs
M. Schenker s’est notamment attardé sur le soutien fourni par le Maroc en Libye pour aider les belligérants à dépasser leurs divergences, à travers les rounds de négociations accueillis par Skhirat, là même où l’accord du 17 décembre 2015 avait été signé, du 6 au 10 septembre, puis du 2 au 6 octobre à Bouznika. “Les États-Unis apprécient [ce] soutien”, a-t-il déclaré, et il a fait part du fait qu’outre-Atlantique l’on “s’attend à des résultats positifs”.

M. Schenker n’a, par ailleurs, pas manqué de faire allusion à la mise en place, le 6 août, par le Maroc d’un hôpital de campagne au Liban, dans le cadre de l’aide ordonnée en faveur du pays du cèdre par le roi Mohammed VI après l’explosion essuyée deux jours plus tôt par Beyrouth. Un geste dont il a salué la “générosité”. Il y a lieu de rappeler qu’en dehors de la feuille de route qui donc, désormais, leur sert de cadre de référence, la coopération entre le Maroc et les États-Unis s’est surtout illustrée, au cours des dernières années, par la participation du Royaume à l’exercice African Lion qu’organise chaque année depuis 2008 -2020 faisant bien évidemment exception, pandémie Covid-19 oblige- le commandement américain pour l’Afrique, Africom.

Washington compte davantage sur Rabat, entre autres alliés, dans les années à venir pour faire face à la menace sécuritaire dans la région maintenant qu’elle envisage de se désengager et, dans ce sens, les observateurs croient savoir qu’il devrait seulement rester question d’une présence à Djibouti, où l’Oncle Sam compte depuis juin 2002 la base de Camp Lemonnier, qui est sa plus grande base du continent.


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