Maroc Telecom recèle encore du potentiel de croissance

CHIFFRE D’AFFAIRES STABLE ET RÉSULTAT NET EN HAUSSE ATTENDUS POUR L’ANNÉE EN COURS

Malgré un contexte concurrentiel de plus en plus féroce et après deux années successives 2019 et 2020 marquées par des éléments exceptionnels, le résultat net de l’opérateur devrait clôturer en hausse cette année.

Les dirigeants de Maroc Telecom sont sereins. Ils s’attendent à une stabilité du chiffre d’affaires en 2021. Quant au RNPG, il devrait s’afficher en hausse à des niveaux observés en 2018. Cela est dû à la non récurrence du don au fonds Covid (1,5 milliard de dirhams) qui a impacté le résultat net en 2020. En 2019, l’amende payée à l’ANRT avait impacté le RNPG également. Cette année, les responsables de Maroc Telecom s’attendent à un retour normatif du RNPG aux niveaux de 2018.

Il est à rappeler qu’en 2021, et contrairement au début de l’année, l’opérateur pourrait revenir à des niveaux de distribution normatifs concernant le dividende. D’ailleurs, dans une note publiée début avril, CFG Bank tablait sur un yield de 5,2% en 2021. En effet, depuis le début de l’année, le titre Maroc Telecom affiche une baisse de 4,83% à la clôture de la séance du 22 juin 2021. Le titre est passé de 143,55 dirhams au 3 janvier à 138 dirhams. La baisse du titre s’est surtout matérialisée suite à l’annonce de la baisse du dividende par action au titre de l’année 2020. Depuis le titre stagne en bourse. Selon certains experts avisés du marché boursier, cette stagnation est en partie due à l’attente de l’annonce de la date de paiement des dividendes 2020.

Sur le reste de l’année, le groupe dispose encore de certains relais de croissance malgré un environnement concurrentiel de plus en plus féroce. Lors des trois premiers mois de l’année, le groupe a affiché des résultats en baisse. Le chiffre d’affaires a reculé de 4,2%, à 8.914 millions de dirhams, et le RNPG a lâché 7,7%, à 1.474 millions de dirhams. Si cette baisse était globalement attendue, elle devrait désormais laisser place à une faible croissance. Néanmoins le potentiel de croissance à moyen long terme de l’opérateur reste relativement modéré au Maroc. Le taux de pénétration est déjà très élevé, de l’ordre de 130%. De plus, il y a une concurrence qui devient de plus en plus marquée, et le régulateur (ANRT) a baissé le prix des terminaisons d’appels récemment.

Cela va induire une baisse des revenus des opérateurs, dont Maroc Telecom. Pour l’opérateur, la Data Fixe reste un bon levier de croissance sur le reste de l’année 2021. Sur le premier trimestre déjà, Maroc Telecom enregistrait une hausse de 11,9% du chiffre d’affaires sur la Data Fixe (Internet, TV sur ADSL, ndlr). Néanmoins, Maroc Telecom qui détient la quasi-totalité des parts de marché sur ce segment, verra ses parts diminuer avec le temps. Quant au Mobile, le chiffre d’affaires était en baisse de 16,3% au premier trimestre en raison du contexte réglementaire et de la baisse des frais des terminaisons d’appels.

Bon niveau de marge
Cette baisse de l’activité Mobile provient également de la baisse des parts de marché sur le segment. Cependant, un recul d’une telle ampleur n’était pas forcément attendu. La concurrence sur le Mobile est, d’ailleurs, plus intense qu’attendu de la part d’Orange et Inwi.

Pour lutter contre cette concurrence, Maroc Telecom pourra compter sur d’autres leviers de croissance, notamment son réseau de filiales africaines. Ces marchés sont en effet moins matures que le marché local. L’opérateur peut également compter sur un bon niveau de marge qui devrait se maintenir cette année. En effet, les marges de Maroc Telecom sont bonnes. L’opérateur devrait bénéficier d’un niveau de marge EBITDA autour de 55%.