Maroc-Rwanda: Une proximité qui ne se dément plus

Entre Rabat et Kigali, un nouvel axe de coopération africain est bel et bien en train de se former.

Prenant part, ce mardi 26 octobre 2021 à Kigali, à la deuxième réunion ministérielle préparatoire du sommet Union européenne (UE)-Union africaine (UA) qui doit se tenir les 17 et 18 février 2022 à Bruxelles, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a profité de son déplacement dans la capitale rwandaise pour y être reçu par Paul Kagamé. L’occasion pour les deux hommes d’aborder, comme l’a rapporté la Maghreb arabe presse (MAP), différentes “questions régionales et internationales d’intérêts communs”, mais surtout pour le président rwandais de témoigner de “sa grande estime et de son amitié pour Sa Majesté le roi Mohammed VI”.

Situation sanitaire
Selon l’agence de presse nationale, M. Kagamé a fait part de “sa forte admiration pour les nombreuses réalisations accomplies par le Maroc, devenu, sous le leadership du Souverain, un modèle de référence en Afrique dans divers domaines”, de même qu’il s’est dit disposé à “renforcer davantage la coopération multisectorielle liant Rabat et Kigali”. Il a, en outre, salué “les efforts reconnus déployés par le Maroc pour devenir un pôle de paix et de stabilité en Afrique”.

Si, bien sûr, d’aucuns voudront y voir de simples circonlocutions diplomatiques sans véritable implication sur le terrain, il faut tout de même rappeler qu’un rapprochement est bel et bien en cours entre le Maroc et le Rwanda depuis six ans. À cet égard, M. Kagamé s’était vu remettre en novembre 2015 dans la ville de Tanger le grand prix du Forum MEDays, avant que le roi Mohammed VI ne se rende lui-même l’année suivante, et ce précisément en octobre 2016, au Rwanda.

Aujourd’hui, on parle carrément d’un retrait rwandais de la reconnaissance de la soi-disant “République arabe sahraouie démocratique” (RASD), au nom de laquelle le mouvement séparatiste du Front Polisario revendique la partie du Sahara marocain anciennement colonisée par l’Espagne: c’est en tout cas l’interprétation que beaucoup avaient faite de la déclaration publiée, à l’issue des entretiens qu’ils avaient eus le 10 mai 2021 dans la ville de Rabat, M. Bourita et son homologue rwandais Vincent Biruta et dans laquelle ces derniers avaient notamment “convenu”, au nom de leurs pays respectifs, “d’agir afin que chacun des deux pays soit pour l’autre un point d’ancrage dans la défense des intérêts mutuels aux niveaux régional, continental et international”.

Ainsi, le Rwanda reviendrait sur une décision qu’avait prise en avril 1976 l’ancien président Juvénal Habyarimana. Il y a également lieu de signaler qu’en octobre 2020, le Maroc et le Rwanda avaient pris la décision de mettre en place un comité de pilotage de la coopération bilatérale, et que la deuxième session de la grande commission mixte de coopération doit se tenir à Kigali “à une date qui sera arrêtée d’un commun accord par voie diplomatique et ce dès que la situation sanitaire actuelle le permettra”, indiquaient MM. Bourita et Biruta en mai 2021.