Le Maroc doit revoir sa politique de l’eau

Le taux de remplissage des barrages affiche une baisse de moitié par rapport à 2021

Il est temps de mettre en place les mesures qui s’imposent dans ces conditions de stress hydrique qui menace le pays.

Le problème de la rareté de l’eau ne peut être résolu en quelques mois, mais requiert une nouvelle stratégie, une vision et des mesures structurantes. Le stress hydrique plane non seulement sur le secteur agricole mais aussi sur l’alimentation en eau potable, notamment dans les villes.

Le déficit en eau potable est, faut-il le rappeler, principalement dû à la baisse importante des ressources hydriques, qui ont diminué de 85% en raison des faibles précipitations et à la baisse du volume des chutes de neige (la superficie enneigée est passée de 45.000 km2 à 5.000 km2), en plus de la réduction du nombre de jours de chute de neige, qui a atteint 14 jours cette année, contre 41 jours par an généralement.

La situation du Royaume en matière de gestion d’eau est, aussi, très inquiétante, le taux de remplissage des barrages affichant une baisse de moitié par rapport à 2021. Selon le World Resources Institute (WRI), le Maroc atteindra un niveau de stress hydrique extrêmement élevé d’ici 2040. L’état de stress hydrique, c’est quand la demande en eau dépasse les ressources disponibles. Cela veut dire aussi que le Maroc, entre autres, passe sous la barre symbolique des 1.000 mètres cubes d’eau douce par habitant sur une période d’un an. Et cela peut empirer dans le cas où la campagne actuelle se présente comme sa précédente.

S’attendre au pire
En effet, d’après le ministère de l’Equipement, «le taux de remplissage des barrages au Maroc est à 25% contre quelque 40% lors de la même période de l’année dernière». Une situation qui, selon certains experts avisés, rappelle celle de 1980 à 1983 et celle du début des années 90.

Ces mêmes experts indiquent «qu’il faut s’attendre au pire si les précipitations des mois d’octobre et novembre tardent à venir ». Et d’ajouter que cette année est un grand test pour le Maroc, qui doit revoir sa politique de l’eau. Les efforts de restrictions, de rationnement et de dessalement de l’eau de mer ne suffisent pas. Aussi, ces experts recommandent, entre autres , de consentir de gros investissements en matière de transfert de l’eau du Nord vers le Sud.