Le Maroc arrive de nouveau à réunir les belligérants

CONFLIT LIBYEN

La communauté internationale devra visiblement encore revenir au Royaume pour espérer mettre fin au conflit qui déchire la Libye depuis bientôt une décennie.

Retour donc à la case Maroc pour les belligérants libyens? Ceux-ci, qui avaient signé à Skhirat le 17 décembre 2015 les accords censés ramener la paix dans leur pays, pourraient en effet de nouveau avoir recours aux bons offices du Royaume pour mettre pour de bon fin au conflit les opposant.

La présence simultanée sur le sol marocain du président du Haut Conseil d’État libyen, Khaled Al-Michri, et du président de la Chambre des représentants libyenne, Aguila Salah Issa, peut le laisser penser en tout cas penser, dans la mesure où les deux institutions qu’ils représentent constituent les deux principales parties prenantes au conflit. Le Haut Conseil d’État libyen constitue, ainsi, la deuxième chambre du parlement libyen formé le 5 avril 2016 suite aux accords de Skhirat et qui est celui que reconnaît la communauté internationale. Il soutient, surtout, le gouvernement Fayez el-Sarraj mis en place dans le cadre de ces accords.

Quant à la Chambre des représentants libyenne, elle est issue des législatives libyennes du 25 juin 2014 et, au contraire du Haut Conseil d’État libyen, ne cesse de vilipender et d’accuser M. el-Sarraj de servir des agendas islamistes en Libye, dans la mesure où il trouve ses principaux appuis dans le Qatar et la Turquie, qui déploie même son armée dans le pays depuis le 5 janvier. Au plan militaire justement, la Chambre des représentants libyenne est représentée par l’autoproclamé maréchal et commandant en chef de l’Armée nationale libyenne, Khalifa Haftar, qui s’est notamment distingué au cours de la dernière année par son siège commencé le 4 avril 2019 et terminé en queue de poisson le 5 juin contre la capitale libyenne, Tripoli.

Lequel M. Haftar est lui-même épaulé par les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, essentiellement, en plus de l’Égypte, de la Russie et, sous le boisseau, de la France. Le tête-à-tête prévu entre MM. Al-Michri et Issa au Maroc promet, ceci étant, dans la mesure où l’intermédiation marocaine est, à ce jour, la seule à avoir conduit à des résultats plus ou moins probants, même si par la suite ceux-ci n’ont pu s’inscrire dans la durée.

Même l’Allemagne, avec tout le poids diplomatique qui est le sien, avait échoué avec la conférence qu’elle avait organisée le 20 janvier dans sa capitale, Berlin, en ayant au passage d’emblée sapé ses propres efforts en ignorant aussi bien le Royaume, malgré son rôle dans le processus de paix que le président français Emmanuel Macron avait d’ailleurs salué lors d’entretiens téléphoniques avec le roi Mohammed VI, que la Tunisie, pourtant frontalière.

Parallèlement, le Maroc souhaite mettre en place, au niveau de la Ligue arabe, un groupe qui permettrait notamment d’amener un consensus avec les Emirats, l’Arabie saoudite et l’Égypte. Avec des milliers de morts et des dizaines de milliers de blessés depuis la chute du régime du “guide” libyen Mouammar Kaddhafi, le conflit libyen n’a en tout cas que trop duré.


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