Le Maroc, une puissance spatiale



LANCEMENT DU SATELLITE MOHAMMED VI-B

L’innovation et la surveillance technologique sont les deux crédos de la mise sur pied du système satellitaire marocain.

Après le premier satellite marocain, voici un an, le deuxième, baptisé Mohammed VI-B, a été lancé dans la nuit de mardi-mercredi 20-21 novembre 2018, depuis la base de Kourou (Guyane Française). Le programme initié en 2013 avec le consortium Thales et Airbus pour quelque 600 millions d’euros est ainsi réalisé. Les deux satellites sont complémentaires, au service d’une mission sécuritaire et économique.

Sécuritaire? L’illustration en a été faite, voici sept mois, au siège des Nations Unies, à New York. En effet, le 4 avril 2018, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Nasser Bourita, avait présenté au Secrétaire général de l’ONU, Autonio Guterres, des photos montrant les incursions et l’installation du mouvement séparatiste à Bir Lahlou.

Une violation flagrante du statut juridique de la zone tampon instituée par l’accord militaire de 1991 dont la Minurso est chargée de son respect. Sur cette base-là, le Conseil de sécurité avait voté la résolution 2414 enjoignant au Polisario de renoncer à tout transfert de «fonctions administratives » dans cette localité ou encore à Tifariti. Une injonction réitérée dans la résolution 2440 du 31 octobre 2018.

Technologies de pointe
Sécuritaires, les satellites marocains sont un nouvel outil de surveillance, à très haute résolution. Ils ont ainsi une grande capacité de détection, de localisation et d’identification des stocks d’armes, des bases militaires ainsi que des mouvements d’éléments armés et des moyens logistiques utilisés. Arianespace -l’entreprise en charge du lancement- a précisé que le satellite Mohammed VI-B va servir surtout pour des activités de cartographie, d’arpentage, de développement régional, de surveillance agricole, de prévention et de gestion des catastrophes naturelles, de surveillance de l’évolution de l’environnement. Mais elle a également fait mention de «la surveillance des frontières et des côtes». Avec ce second satellite, le Maroc est le troisième pays du continent à être doté de ces technologies, après l’Egypte et l’Afrique du Sud.

Le Maroc accède ainsi dans une nouvelle ère des technologies de pointe. C’est cet outil qui a permis de conforter la position marocaine au Conseil de sécurité, lors de la réunion de la fin octobre 2018, et de confondre celle du mouvement séparatiste. Ainsi, l’ambassadeur Omar Hilale a souligné devant le Conseil de sécurité que «cet instrument de surveillance nous permet de connaître et de traquer les moindres mouvements et déplacements des séparatistes du Polisario et ce, chaque jour, chaque minute et chaque seconde».

En termes opérationnels, le premier satellite est en mesure de prendre quotidiennement 500 photos en haute définition et d’actualiser toutes les six heures la base de données de la station terrestre. À noter au passage qu’un simple objet de 50 centimètres peut ainsi être photographié en haute résolution; ou encore qu’il peut faire un tour complet autour de la terre toutes les 97 minutes, avec des rotations horizontales.

Il est complété par le second satellite qui, lui, effectuera des rotations verticales, avec un rayon de couverture plus large. De quoi permettre une actualisation de la base de données toutes les heures.

Un tel dispositif dote le Maroc d’une forte avancée en matière de défense et de renseignement. Ce rôle est assuré, sous le monitoring de la DGED (Direction générale des études et de la documentation), par une centaine d’ingénieurs et de spécialistes marocains formés depuis deux ans.

L’innovation et la surveillance technologique sont les deux crédos de la mise sur pied de ce système satellitaire marocain. Son usage civil, économique et social, est sans doute déterminant. Mais son usage militaire, lui aussi, l’est tout autant. Il protège, il sécurise les côtes et les frontières.

D’un point de vue militaire et stratégique, il a une vocation et une fonction dissuasive contre d’éventuelles menées des uns et des autres pouvant porter atteinte à l’intégrité territoriale du Royaume.

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