Le maroc connaîtra une profonde récession en 2020

Perspectives de la banque mondiale

Dans son dernier rapport de suivi de la situation économique du Maroc, la Banque mondiale s’attend à une profonde récession. La croissance devrait toutefois se redresser progressivement, quoiqu’une grande incertitude entoure le rythme et la durée de la reprise.

L’économie marocaine devrait connaître une profonde récession, sa première depuis 1995, en raison du double choc, intérieur et extérieur, résultant de la crise du Covid-19, souligne la Banque mondiale dans son rapport de suivi de la situation économique du pays. L’assainissement des finances publiques a été interrompu compte tenu des pressions sur les dépenses et du ralentissement de l’activité économique.

La réduction des envois de fonds, des activités touristiques et des IDE, ainsi que la baisse significative des exportations ont une incidence négative sur la position des paiements extérieurs. La croissance devrait se redresser progressivement, quoiqu’une grande incertitude entoure le rythme et la durée de la reprise, déclare l’institution de Bretton Woods.

Dans le détail, la production économique s’est considérablement contractée au deuxième trimestre 2020, reculant de 13,8% par rapport à une augmentation de 0,1% au premier trimestre 2020. Ceci à cause d’une période de perturbation et de confinement beaucoup plus longue, soit près de trois mois. S’agissant de l’offre, les industries manufacturières ont connu un recul notable de 6% au premier semestre 2020; le secteur des services a aussi connu un recul considérable de 5% au premier semestre 2020, entraînant ainsi une baisse de la croissance non agricole à -6,8 % pendant la même période.

Par ailleurs, la banque centrale a abaissé son taux directeur de 75 points de base à 1%, et augmenté le refinancement bancaire, qui passe de 5% à 11% du PIB. Parallèlement, le chômage s’est aggravé, passant de 8,1% à 12,3% au premier semestre 2020, indique la Banque mondiale. Concernant les perspectives pour cette année, le PIB réel devrait se contracter de 6,3%, principalement en raison de la pandémie du Covid-19, mais aussi des effets de la mauvaise pluviométrie sur le secteur agricole, lit-on dans le rapport de l’institution financière internationale.

S’agissant de la demande, à l’exception de la consommation publique, toutes les composantes de la demande globale devraient diminuer considérablement. A moyen terme, la reprise économique sera probablement prolongée alors que la production agricole retrouve son taux de croissance historique et que le secteur non agricole se relève lentement dans le sillage d’un redémarrage progressif de l’activité.

Sur le plan social, la Banque mondiale alerte sur la proportion de la population «susceptible» de se retrouver dans la pauvreté. Celle-ci devrait augmenter en 2020, passant de 24,4% à 27,5% de la population totale. La pauvreté devrait diminuer en 2021 et 2022, mais à un rythme beaucoup plus lent que les années précédentes.


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