Quand le Maroc attire les plateformes étrangères

RENDEZ-VOUS MÉDICAUX EN LIGNE

Deux grandes plateformes internationales ont lancé leurs services au Maroc entre octobre et décembre 2021 pour proposer des prises de rendez-vous et des discussions en ligne avec des médecins et spécialistes. Objectif: faciliter l’accès aux soins en un clic.

Appeler le numéro standard d’un cabinet médical pour prendre un rendez-vous avec un praticien était quasiment devenu un réflexe chez bon nombre d’entre nous, surtout quand notre malaise prend des proportions inquiétantes. Grande est notre déception quand certains réceptionnistes ignorent notre coup de fil ou nous annoncent l’indisponibilité ou l’agenda trop chargé du médecins.

Ces temps semblent désormais révolus depuis l’avènement de plateformes numériques spécialisées dans l’e-santé. Des sites qui sont devenus de plus en plus prisés, depuis le confinement. Le Maroc est même devenu ces derniers mois une zone de prédilection d’entreprises étrangères qui s’activent dans ce domaine.

La startup tunisienne Med, créée en 2017, a choisi le Royaume pour y installer sa plateforme Med.ma. Ce site lancé le 31 octobre 2021, propose des prises de rendez-vous en ligne, des échanges avec plus de 4.000 médecins, ainsi que des articles et recommandations scientifiques.

Moins de deux mois plus tard, précisément le 7 décembre 2021, la plateforme internationale Odocteur lui emboîte le pas. Des services quasi-similaires, en plus de la mise à disposition des internautes de bases de données de spécialistes de la médecine alternative ou médecine chinoise. D’après les initiateurs, l’objectif est de «faciliter l’accès aux soins sans limites géographiques, tout en permettant d’atteindre les régions les plus excentrées».

Modèle économique
Le modèle économique de ces plateformes est très simple. Les médecins et spécialistes qui souhaitent s’y inscrire doivent souscrire à des abonnements mensuels, trimestriels ou annuels dont les tarifs sont fixés en fonction des services souhaités. Le site marocain Dabadoc, première plateforme du genre active depuis 2014, et qui revendique une moyenne de 30.000 rendez- vous chaque mois au Maroc, propose par exemple un abonnement de 450 dirhams si le médecin souscrit pour un mois, et 300 dirhams/mois pour trois mois et 225 dirhams/mois pour un abonnement annuel.

Et pour les utilisateurs, les services sont gratuits. Quand on évoque la médecine 2.0, on pense forcément à l’usage des données personnelles des patients. Surtout au risque que cette mine soit exploitée sans leur consentement. «La plateforme adopte les normes les plus récentes et les plus strictes en matière de confidentialité et de sécurité, prémunit les vidéo-consultations contre le piratage informatique sous l’autorisation de la Commission nationale pour la protection des données personnelles (CNDP)», précise Odocteur.

Chez son concurrent, on va même plus loin pour rassurer les utilisateurs. «Le respect de la vie privée et la sécurité des données à caractère personnel sont une priorité. A cet égard, la plateforme est en cours de certification 27001, considérée comme la norme la plus pointue en la matière.»

Pour le moment, les deux sites ne proposent pas la téléconsultation. La raison est simple. Cette pratique est encadrée au Maroc par la loi 131-13, qui exige que le praticien obtienne une autorisation du ministère de la Santé. Il est également interdit au médecin d’envoyer des ordonnances ou documents officiels via internet. Seule Dabadoc propose, pour le moment, la téléconsultation. Et cela pourrait inspirer ses deux autres challengers.