LE MAROC OFFICIELLEMENT EN RÉCESSION

NOUVELLE PUBLICATION DU HCP

Avec 13,8% de recul de son PIB au deuxième trimestre, le Royaume a tout à craindre pour son économie.

Alors qu’il avait mis en évidence, dans une note de conjoncture qu’il avait publiée le 30 juin, une croissance quasi nulle de l’économie nationale au cours du premier trimestre (lire Maroc Hebdo au quotidien n° 58), le Haut-Commissariat au plan (HCP) est revenu cinq jours plus tard à la charge avec une publication similaire concernant cette fois le deuxième trimestre, et le moins que l’on puisse dire est que celle-ci est sans appel eu égard à l’impact de la Covid-19: 13,8% de contraction du produit intérieur brut (PIB), et donc une récession.

Ainsi, selon le HCP, quasiment tous les secteurs en ont été pour leurs frais, de l’agriculture, qui a vu sa valeur ajoutée baisser de 6,1% -et qui, en plus, a également pâti de la sécheresse-, au secteur secondaire, où le BTP, l’électricité et l’industrie auront sans doute tout le mal du monde à se relancer, en passant par le secteur tertiaire, que l’institution d’Ahmed Lahlimi Alami qualifie de «principal moteur de la croissance économique » et qui a vu les activités commerciales, de transport, d’hébergement et de restauration plonger.

Seuls la communication et les services non-marchands ou encore l’agroalimentaire et la chimie réussissent, en fait, à s’en sortir, et cette dernière a par ailleurs aussi permis au phosphate de maintenir la demande vis-à-vis de lui, puisque celleci est, d’après le HCP, principalement provenue des industries locales de la chimie. Justement, la question de la demande a été longuement abordée par le HCP dans sa note, et celle-ci a naturellement été grevée aussi bien à l’interne, où les ménages ont, en moyenne, consommé 6,7% moins que pendant le même trimestre de l’année précédente, qu’à l’externe car tous les pays partenaires ont également été touchés par la Covid-19. Sur ce dernier plan, le HCP note un recul de 25,1% des exportations; ce qui rejoint à peu près les chiffres donnés par l’Office des changes (OC) dans ses derniers indicateurs des échanges extérieurs et qui citent une chute de 20,1% à ce niveau sur les cinq premiers mois de l’année et de 21,5% pour mars, avril et mai, qui correspondent plus ou moins à la période d’état d’urgence sanitaire décrétée par le gouvernement le 20 mars.

Mesures austéritaires
Conséquemment, l’indice des prix à la consommation est demeuré quasiment le même, et ce d’autant plus qu’en même temps le pétrole connaissait son plus bas historique (-38,94 dollars le baril à New York le 20 avril). On attend donc que le ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Benchaâboun, tienne sa promesse de mettre les billes de l’Etat dans la balance afin de permettre à la machine de repartir du bon pied, mais il est permis de douter de ses intentions alors que le gouvernement vient de décider une série de mesures austéritaires par excellence, dont le gel total des recrutements dans la fonction publique pour au moins les trois prochaines années. La loi des finances rectificative, qui doit en principe activer le plan d’investissement public tant attendu par les opérateurs ces derniers mois, devrait, au final, se cantonner à un projet de pure essence technique. Ce qui serait de bien mauvais aloi: dans sa note, le HCP table sur, au minimum, une régression du PIB en valeur annuelle de 4,6%.


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