Le maroc sur la liste des pays qui s'apprêtent à normaliser leurs relations avec Israël

Le Royaume franchira-t-il le pas?

Que vaut réellement la récente déclaration du ministre israélien des renseignements, Eli Cohen, affirmant que le Maroc préparerait, avec quatre autres pays musulmans, une normalisation officielle avec Israël? Alors que le PJD y est opposé, l’Etat marocain maintient encore le silence.

Le Maroc va-t-il normaliser officiellement ses relations avec Israël? La question est, désormais, sur toutes les lèvres dans les milieux diplomatiques, notamment aux Etats-Unis et en Israël. Le ministre israélien des renseignements, Eli Cohen, lors d’une récente interview accordée à la chaîne israélienne Channel 20, a révélé que le Maroc fait partie d’un ensemble de 5 autres pays arabo-musulmans qui s’apprêtent à signer des accords de normalisation avec l’Etat hébreu.

Les autres pays cités par le haut responsable israélien sont l’Arabie saoudite, le Qatar, le Niger et Oman. Mais l’Arabie Saoudite avait déjà fait savoir que le contexte actuel, marqué par l’absence d’un Etat palestinien, ne favorise pas la conclusion d’un accord de normalisation. Tout comme le Qatar, qui vient de faire connaître sa position sur ce sujet par la voix de son émir, Tamim Ben Hamad Al Thani, qui a déclaré qu’aucun accord de normalisation avec Israël ne pourrait avoir lieu sans l’émergence d’un Etat pour les Palestiniens. Quant aux trois autres pays, leurs gouvernements n’ont pas encore officiellement pris position par rapport aux informations circulant sur une éventuelle normalisation avec Israël. Il faut rappeler que 3 pays arabes ont, jusqu’à présent, signé des accords de normalisation sous la direction du président américain, Donald Trump.

Il s’agit notamment des Emirats Arabes Unis, du Bahreïn et du Soudan. Des accords qui ont été vus dans une grande partie du monde musulman comme une trahison à la cause palestinienne. Au Maroc, si le gouvernement n’a pas pris officiellement position, le PJD a manifesté son opposition à une normalisation officielle avec l’Etat hébreu, invoquant la question palestinienne, inscrite parmi les priorités importantes de l’agenda de politique étrangère du Royaume.

Dans la même optique, Simon Haïm Skira, secrétaire générale de la Fédération française du judaïsme marocain, basée à Paris, a précédemment révélé sur son compte Facebook personnel une réunion à New York entre des diplomates américains, israéliens et marocains, afin de discuter le sujet de la normalisation entre Rabat et Tel Aviv. M. Skira affirme avoir adressé un message à S.M. le Roi Mohammed VI, à travers un article publié sur Actualité Juive, «afin de répondre favorablement aux aspirations chères et profondes de ses attachés, sujets de confession juive, de voir ce pont d’amitié entre le Maroc et Israël se renforcer par une normalisation qui permettrait des échanges humains, culturels et économiques». Mais cet appel devrait se heurter à la position de nombreux mouvements et associations qui militent dans notre pays pour la cause palestinienne et qui rejettent vigoureusement toute normalisation avec l’Etat hébreu.

Cependant, cette offensive diplomatique israélienne en direction des pays arabes, menée par Donald Trump, risque de connaître un coup de frein si ce dernier perd l’élection présidentielle en faveur de Joe Biden, parti favori selon les décomptes des voix. Mais, pour Simon Haim Skira, peu importe le résultat définitif de l’élection américaine, Israël continuera à peser de tout son poids pour mener à son terme ce rapprochement avec les pays arabes.


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