"Le Maroc est un modèle de coexistence"

INTERVIEW DE PAUL GOSAR, DÉPUTÉ AMÉRICAIN.

Dans cet entretien, le député américain de l’Arizona, Paul Gosar, revient pour Maroc Hebdo sur ses récentes déclarations sur le plateau de Médi 1 TV appelant l’administration de son pays à condamner “ouvertement” le Front Polisario. Pour lui, les Etats-Unis se doivent aujourd’hui, et plus que toujours, de soutenir le Royaume.

Vous avez appelé l’administration Donald Trump, lors de l’émission “Avec le Maroc depuis Washington” diffusée le 28 juin sur “Médi 1 TV”, à condamner le mouvement séparatiste sahraoui du Front Polisario du fait de son “idéologie marxiste”. Pouvez-nous en dire plus sur votre position eu égard au conflit du Sahara marocain?
Ce n’est pas seulement l’idéologie du Polisario qui pose problème à mon avis, mais c’est aussi le fait qu’il représente, aujourd’hui, une véritable menace pour la sécurité et la stabilité de toute la région du Sahara et du Sahel, car comme chacun le sait les connexions entre le mouvement et l’Iran sont, depuis belle lurette, un secret de polichinelle. Or nous ne pouvons pas d’un côté sanctionner l’Iran et de l’autre lui laisser le champ libre pour agir à sa guise. D’où le fait que je considère que l’administration Trump se doit de prendre les mesures qui s’imposent, et notamment donc de condamner ouvertement le Polisario.

On a récemment parlé d’une reconnaissance de la marocanité du Sahara justement par l’administration Trump et l’ouverture d’un consulat américain dans la région, dans le sillage de nombreux pays africains qui en ont fait de même depuis le mois de décembre 2019. En avez-vous eu vent?
Pas vraiment à vrai dire, mais si vous voulez que je vous dise, je suis d’avis que le Maroc doit être soutenu aujourd’hui par les États- Unis. C’est un pays partenaire, notre plus ancien allié pas seulement dans la région mais dans le monde; nous avons un traité d’amitié qui nous lie depuis plus de 240 ans, et aujourd’hui le Maroc joue un grand rôle dans le maintien de la sécurité et de la stabilité de l’Afrique. Le Maroc nous aide beaucoup, grâce à la coopération fructueuse qu’il y a entre nos institutions, entre nos différents services de renseignement, et c’est la moindre des choses que nous en fassions de même en sens inverse. Nous n’avons aucunement intérêt, aujourd’hui, à nous priver d’un tel allié.

Que pensez-vous de l’intrusion de l’Algérie dans le conflit? Comme vous avez dû le voir, le Conseil de sécurité la cite désormais nommément comme partie prenante...
Avant toute chose, j’ai déjà eu l’occasion par le passé de visiter l’Algérie comme, d’ailleurs, j’ai également eu l’occasion de visiter le Maroc; ce sont deux pays magnifiques, deux pays qui sont très très importants pour nous dans la région, et c’est dommage que la coopération entre les deux ne soit pas au mieux. Maintenant, il y a un processus qui est en cours depuis le cessez-le-feu de début septembre 1991 au niveau de l’Organisation des Nations unies (ONU), il faut faire en sorte que celui-ci aboutisse. Le blocage actuel n’a de toute façon que trop duré. Il est impératif, aujourd’hui, qu’on se mette autour de la table pour négocier, et que cela se fasse avec des réelles intentions de paix et non qu’on s’exécute seulement pour la forme.

Et que pensez-vous de l’implication américaine dans le processus de paix?
Si cela peut aider à rapprocher les vues, elle ne peut bien sûr qu’être la bienvenue. Mais en fin de compte, j’ai la ferme conviction que si une solution se dessine un jour, elle sera d’abord du fait des principales parties prenantes et non de tel ou tel pays ou de telle ou telle institution.

Vous avez tout à l’heure fait allusion au rôle que joue le Maroc dans la stabilisation de l’Afrique, quel commentaire avez-vous sur son implication dans le processus de paix en Libye où, comme vous le savez, une guerre civile déchire actuellement le pays?
Ce qui se passe en Libye est regrettable. C’est un pays avec tellement de potentialités, et c’est dommage que sa population ait à subir ce conflit intestin depuis de si nombreuses années. Le rôle que joue le Maroc en Libye pour aider les différentes parties à parvenir à la paix est bien sûr à saluer. J’espère que les Libyens sauront se réunir un jour, indépendamment de leurs différences et de leurs divergences de vues, d’identités, de religions, et c’est d’ailleurs quelque chose que vous, au Maroc, parvenez à réaliser remarquablement bien. On voit qu’il y aussi bien des Marocains juifs que des Marocains musulmans, des Berbères et des Arabes, et tout le monde vit en symbiose depuis plusieurs siècles. C’est un très très bon exemple de coexistence entre populations d’ethnicités différentes.

Vous avez donc déjà visité le Maroc. Comment aviez-vous trouvé le pays?
Je n’y suis malheureusement pas resté aussi longtemps que je l’aurais voulu; mon voyage a duré à peine 48 heures, et on avait tenu beaucoup de réunions notamment au niveau de l’ambassade des États-Unis, qui avait organisé le séjour de A à Z. Ceci dit j’en garde d’excellents souvenirs; j’ai vraiment adoré la nourriture, très typique de la Méditerranée. Vous devez savoir que j’ai des origines basques françaises du côté de ma mère, et donc je me suis partiellement reconnu dans les saveurs marocaines. A ne pas rater au Maroc.


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