Production d'hydrogène vert en Afrique: Le Maroc encensé par Mc Kinsey

D’après le cabinet américain, le Royaume développe plusieurs grands projets d’hydrogène vert pour créér un écosystème national et être un hub régional à l’échelle continentale.

Le Maroc est une référence en matière d’hydrogène vert en Afrique. Le Royaume a su mettre en place ces dernières années une ambitieuse stratégie pour décarboniser progressivement l’industrie, l’un des secteurs les plus polluants, et réduire ses émissions de gaz carbonique de 17% d’ici 2030. Ces initiatives ne sont pas passées inaperçues au niveau continental, notamment auprès des observateurs avisés de la trempe de Mc Kinsey & Company. Dans un rapport intitulé «Carrefour de la fabrication verte en Afrique: des choix pour un avenir industriel à faibles émissions de carbone», le cabinet américain consacre une section au Royaume dans laquelle il expose ses avancées notoires dans ce domaine.

D’après cette étude qui souhaite démontrer que décarbonisation rime avec croissance, les autorités marocaines, ayant très vite pris conscience des effets des changements climatiques, ont essayé d’impliquer les différentes parties prenantes telles que le gouvernement, la société civile, les entreprises et les organisations internationales pour prendre à bras le corps ce phénomène et identifier les solutions pour y remédier.

Le World Power-to-X Summit organisé du 1er au 30 décembre 2020 par l’Institut de recherche en énergie solaires et énergies nouvelles (IRESEN) et l’Université Mohammed VI polytechnique en est une parfaite illustration, constate Mc Kinsey. Pour rappel, cette première édition organisée en mode virtuel avait enregistré la participation de 90 conférenciers qui ont abordé plusieurs thématiques relatives aux défis et opportunités de l’économie de l’hydrogène vert.

Création d’un cluster national
Des allocutions suivies par plus de 2.000 personnes issues d’une soixante de pays, selon les organisateurs. Pour Mc Kinsey , cette grand-messe a permis au Maroc de nouer des partenariats internationaux grâce à ses nombreuses potentialités dans l’hydrogène vert. On peut citer, par exemple, les coopérations avec l’Allemagne et le Portugal pour le financement de la recherche et de la formation. Des autorités marocaines avaient d’ailleurs participé à la Conférence sur l’hydrogène vert qui s’est déroulée en avril 2021 à Lisbonne.

Autre acte majeur, la création, le 18 mars 2021, du Cluster national de l’hydrogène vert «Green H2 Maroc». Ce programme, piloté par le ministère de l’Energie, des mines, et celui de l’Industrie, du commerce, de l’économie verte et numérique, vise à mettre en place un écosystème vert pour faire du Maroc un hub régional dans la production d’hydrogène vert et l’exportation de ses dérivés. Un programme développé en partenariat avec des industries et des plateformes technologiques incubées par l’UM6P et l’IRESEN. «Le développement de la production d’hydrogène vert à grande échelle est la clé de la stratégie du Maroc pour un avenir avec zéro émission nette, et le pays prend des mesures concrètes pour progresser dans ce domaine», indique l’étude.

Le volet réglementaire n’a pas été omis par le rapport. Mc Kinsey se réjouit de la création du Conseil national de l’hydrogène vert (CHD), dont l’objectif est de réaliser des études de faisabilité et faciliter la mise en place d’une feuille de route dédiée à l’hydrogène. «L’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) dirige le groupe de travail sur les infrastructures gazières de la Commission nationale de l’hydrogène pour faire des recommandations sur la conversion des gazoducs existants pour l’hydrogène et le développement d’un hub logistique pour l’acheminer vers l’Europe», souligne-t-il.

Pour mettre en place cette stratégie verte, faudrait-il encore disposer d’un important stock d’énergies renouvelables. Un challenge relevé avec brio par le Maroc, qui a pu produire 960 mégawatts (MW) de cette énergie propre entre 2015 et 2019 pour atteindre une capacité totale installée de 3.865 MW en 2019, d’après le cabinet de conseil en stratégie, qui précise que le complexe solaire Noor Ouarzazate constitue la locomotive de cette production, avec 580 MW.