Maroc-Israël: Vers une ambassade Marocaine à Tel-Aviv?

Le Royaume se dirigerait vers le relèvement du statut du bureau de liaison dont il dispose depuis le début de l’année dans la capitale israélienne. Et c’est pour l’encourager que l’administration Biden se serait enfin décidé à reconduire la reconnaissance de sa souveraineté sur son Sahara.

On le sait, le rapprochement en cours depuis décembre 2020 entre le Maroc et Israël n’a fait, au fur et à mesure, que s’accélérer. Il devrait même “dans le futur proche” donner lieu, selon certaines sources médiatiques, au relèvement des statuts des bureaux de liaisons dont les deux pays s’étaient respectivement dotés au début de l’année 2021 pour en faire de véritables ambassades.

Une des sources médiatiques en question n’est autre que le média américain Axios, qui dès début février 2020 avait annoncé le rétablissement par Rabat et Tel-Aviv de leurs relations diplomatiques rompues dans le contexte du déclenchement de la seconde intifada palestinienne à l’automne 2000 et est donc généralement bien informé. Dans un article publié ce 30 juin 2021, Axios affirme même que “les Marocains prévoient d’annoncer prochainement la décision de l’ambassade”, et que, de fait, “cela pourrait être la première réalisation tangible dans les efforts de l’administration Biden pour faire avancer les accords de normalisation de l’ère Trump entre Israël et le monde arabe”; référence aux accords d’Abraham par les biais desquels le Maroc (le 10 décembre 2020), mais aussi avant lui les Émirats arabes unis (le 13 août 2020), Bahreïn (le 11 septembre 2020) et le Soudan (le 22 octobre 2020) avaient (re)pris langue avec l’État hébreu.

Car ce que l’on comprend dudit article, même si Axios ne le dit pas ouvertement, c’est qu’il s’agirait là d’un cadeau que le Maroc ferait à M. Biden, mais ceci dit pas à n’importe quel prix: en échange, ce dernier se serait enfin officiellement engagé à reconduire la décision, prise en même temps que Rabat ralliait les accords d’Abraham, de M. Trump de reconnaître la souveraineté du Royaume sur son Sahara. Et c’est le coordinateur du conseil national de sécurité américain pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Brett McGurk, qui aurait très solennellement transmis le message, au cours d’entretiens qu’ils auraient eus, au ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita.

Contestation des violences
En tout cas, les assertions d’Axios eu égard à la position de M. Biden quant au Sahara marocain se sont confirmées, ce 1er juillet 2021, par le porte-parole du département d’État américain en personne, à savoir Ned Price, qui a on ne peut plus clairement déclaré suite à une question d’un journaliste que “l’administration Biden n’envisageait pas de revenir sur la décision de Trump de reconnaître la souveraineté du Maroc”. “Il s’agit de la position de l’administration,” a-t-il même ajouté.

Avec une ambassade plutôt qu’un bureau de liaison à Tel-Aviv, d’aucuns craignent, par ailleurs, que le Maroc lâche la cause palestinienne, mais tout au long de ces derniers mois le roi Mohammed VI a été clair à ce sujet, considérant cette cause au même niveau que celle du Sahara marocain. Ce que, il faut le dire, ont aussi prouvé les actes, à travers notamment la contestation des violences commises en mai 2020 par les autorités israéliennes dans les territoires occupés ou encore le récent accueil du chef du bureau politique du leader du mouvement palestinien du Hamas, Ismaël Haniyeh -voyage réalisé sur invitation du Parti de la justice et du développement (PJD), mais le Palais ne s’y est pas opposé.