Le Maroc au bord de l’insécurité alimentaire

AVEC LA PERSISTANCE DE LA SÉCHERESSE ET LA FAIBLESSE DE L’AGRICULTURE

À la saison agricole, réputée faible à cause de l’absence des pluies, s’ajoute la pénurie d’eau qui menace sérieusement le Royaume. Avec la crise sanitaire du Covid-19, les scénarios les plus sombres pourraient se manifester pour le pays.

L’agriculture marocaine vit ses moments les plus difficiles. Avec une récolte céréalière de 32 millions de quintaux pendant la saison agricole 2019-2020, l’une des plus faibles dans l’histoire de l’agriculture nationale, le Maroc aborde l’avenir avec beaucoup d’incertitudes et la crainte d’une situation économique désastreuse. La faiblesse de la récolte céréalière expose notre pays au risque de pénurie au niveau du blé. En s’approvisionnant à l’étranger pour satisfaire sa demande intérieure, le Maroc développe une dépendance de plus en plus accrue des marchés internationaux.

Mais en ces temps troubles de Covid-19, la procédure d’approvisionnement à l’international risque probablement de se compliquer. Ce qui créera, sans aucun doute, des situations de manque, voire de rareté, des céréales indispensables à la fabrication du pain, principal aliment des Marocains. Cette pénurie, ô combien redoutée, sera accentuée par une autre situation de rareté liée, cette fois-ci, à l’eau, cet or bleu devenu plus précieux que le pétrole. Selon un nouveau rapport qui vient d’être réalisé par l’institut pour l’économie et la paix, le Maroc affrontera dans l’avenir, si la sécheresse persiste, des problèmes très sérieux de pénurie d’eau. Cette situation n’est pas seulement propre au Maroc mais presque au monde entier.

Politique des barrages
Le rapport estime, en effet, que plus d’un milliard de personnes sont menacées de déplacement à cause de la soif et plus de 1,5 milliard seraient rattrapées par l’insécurité alimentaire. Le rapport prédit que le Maroc sera confronté à des problèmes importants liés au changement climatique et en tête de liste le stress hydrique. Notre pays sera ainsi confronté, selon les experts de cet institut international, aux plus hauts niveaux d’insécurité hydrique du nord-ouest de l’Afrique. Mais, quoi qu’on dise, les autorités du Royaume semblent s’inscrire dans une logique d’anticipation pour juguler ce phénomène. Dans la région du Souss, considérée comme l’une des régions les plus touchées par le stress hydrique, l’Etat a lancé un projet de station de dessalement d’eau de mer dont les travaux sont avancés et qui sera opérationnelle en 2021.

Léguée par feu S.M. Hassan II, pour laquelle il a été salué dans le monde entier, la politique des barrages est redevenue au centre des politiques publiques. C’est ainsi que SM le Roi Mohammed VI a lancé, en janvier 2020, le programme national pour l’eau et l’irrigation pour un montant d’investissement de 115 milliards de dirhams. Un programme ambitieux qui vise à lutter justement contre la sécheresse.

Ce programme s’articule autour de l’amélioration de l’offre hydrique notamment par la construction de barrages, de la gestion de la demande et la valorisation de l’eau notamment dans le secteur agricole, du renforcement de l’approvisionnement en eau potable en milieu rural, de la réutilisation des eaux usées traitées dans l’irrigation des espaces verts, et de la Communication et la sensibilisation en vue de renforcer la conscience liée à l’importance de la préservation des ressources en eau et la rationalisation de son utilisation. Des actions importantes par lesquelles le Maroc ambitionne d’affronter un avenir agricole qui s’annonce de plus en plus périlleux.


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