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Le Maroc sera davantage impacté, selon Oxford Economics Group

D’après le cabinet de conseil, cette situation poussera plusieurs pays africains, dont le Maroc, à augmenter leurs importations de blé pour la saison agricole 2022-2023.

Les pays africains, qui souffrent déjà de l’inflation des denrées de premières nécessités depuis plusieurs semaines, seront davantage impactés par l’inflation des prix alimentaires dans le monde. C’est ce qu’a révélé Oxford Economics Group dans son dernier rapport sur cette thématique. D’après cet organisme, considéré comme l’un des plus grands cabinets de conseil dans le monde, «la hausse des prix des produits alimentaires sur le marché international aura un impact plus sévère sur les indicateurs des prix à la consommation (IPC) en Afrique par rapport aux économies avancées». Bien évidemment, le Maroc figure dans ce lot.

Le Royaume avait enregistré un taux d’inflation de 5,2% en mars 2022, soit son niveau le plus élevé jamais enregistré, selon ce rapport. Même si, souligne-t-il, ce taux est inférieur à ceux de l’Égypte (10,5%). Cette tendance haussière s’est poursuivie en avril, mois durant lequel l’IPC a augmenté 5,9% par rapport au même mois de l’année précédente, et connu une hausse de 1,8% par rapport au mois de mars. «Cette augmentation entre 2022 et 2021 résulte d’une hausse de l’indice des produits alimentaires de 9,1% et des produits non alimentaires de 3,7%», expliquait le Haut-Commissariat au plan (HCP), qui avait dévoilé ces chiffres.

A en croire ces experts, la guerre en Ukraine n’a fait qu’exacerber les prix de ces denrées, qui avaient déjà augmenté depuis l’avènement de la pandémie de Covid-19, entraînant, par ricochet, la hausse des coûts des matières premières dans le monde.

Environnement instable
Face à cette situation, le Maroc, au même titre que l’Égypte et le Nigéria, sera obligé d’augmenter ses importations de blé pour la saison agricole 2022-2023. «La hausse des prix alimentaires associée à la flambée des factures de carburant et à la hausse du chômage crée un environnement politique et social instable sur le continent», constatent-ils. Ce document cite aussi les mesures prises par ces Etats pour gérer cette crise.

Le gouvernement marocain, par exemple, a décidé d’augmenter le salaire minimum (2.638 dirhams, hors secteur agricole) de 10% sur deux ans dans les secteurs de l’industrie, du commerce et des services, et dans le secteur public, où le SMIG était de 3.362 dirhams. Des initiatives prises dans le cadre d’un accord social signé entre les principales organisations syndicales et le patronat.

Toutefois, ces analystes redoutent le déclenchement de troubles sociaux dans certains pays du continent si les gouvernements ne parviennent pas à gérer cette difficile conjoncture. Le Maroc n’est pas épargné, car, «les familles marocaines sont exposées à des pressions financières qui pourraient entraîner des protestations contre la cherté de la vie», avertissent-ils.

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