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LE MAROC FINIRA PAR S'EN SORTIR

UN AN DE GESTION DE LA PANDÉMIE DE LA COVID-19

Le 19 mars 2020, Sa Majesté le Roi Mohammed VI pose les jalons d’une stratégie proactive pour lutter contre la Covid-19 : Confinement, aides financières, renforcement des capacités des hôpitaux, campagne de vaccination intense et bien maîtrisée… Un plan qui a fait du Maroc un modèle à suivre.

Le 19 mars 2021. Voilà un an déjà, jour par jour, que le Maroc a décrété l’état d’urgence sanitaire pour lutter contre la propagation de la pandémie du nouveau coronavirus. L’angoisse était à son zénith et le danger omniprésent même après la fermeture des frontières. Le virus circulait déjà dans le pays. Depuis l’apparition des premiers cas de cette pandémie mondiale au Maroc, les premiers signes de l’exception marocaine se sont manifestés à travers la stratégie proactive prônée et initiée par le Roi Mohammed VI qui avait ordonné, dès le mois de février 2020, le rapatriement des Marocains résidant dans la ville chinoise de Wuhan, l’épicentre et le foyer mondial de l’épidémie.

Le Royaume a été conscient de l'impératif de prendre rapidement une série de mesures afin de stopper la propagation du virus, au moment même où des pays, qui étaient sérieusement touchés, avaient tardé à en faire de même. N’eût été le plan de réponse anticipatif royal, le Maroc n’aurait jamais pu contenir la propagation de ce virus sournois et fatal et ses répercussions sanitaires et socio-économiques ou encore lancer tôt une campagne de vaccination massive gratuite pour tous, y compris pour les résidents étrangers établis au Maroc.

Protéger les Marocains
Le Roi présidait des réunions régulières et d’autres en urgence pour superviser et suivre chaque mesure prise pour protéger les Marocains en en faisant une priorité dans le combat contre Covid-19. L’on se rappelle encore les propos émouvants du Souverain dans son discours du 29 juillet 2020 à l’occasion du 21ème anniversaire de son intronisation: «L’intérêt bienveillant que je porte à la santé de chaque citoyen marocain et à la sécurité de sa famille est à l’aune de mes préoccupations à l’égard de mes propres enfants et de ma propre famille. Et cette sollicitude est particulièrement grande en ces temps difficiles de propagation de la pandémie du Covid-19 que traverse le Maroc, comme le reste du monde». Il a mis en place très vite un comité scientifique ad hoc chargé de la situation épidémiologique et de la vaccination dont l’avis est pris en compte dans les décisions relatives aux mesures de restriction mais aussi au choix et à l’autorisation des vaccins et au suivi de la campagne vaccinale.

Lueur d’espoir
Devant l’incapacité et la défaillance du système de santé à faire face aux nombreux cas infectés par le virus, et partant de son souci de renforcer les capacités de ce système sanitaire, le Souverain a donné ses instructions à la médecine militaire pour qu’elle prenne part conjointement avec son homologue civile à la délicate mission de lutte contre la pandémie de Covid19 et pour mettre à disposition les structures de santé équipées (dont l’hôpital de campagne monté au sein de l’enceinte de l'Office des foires et expositions de Casablanca et l’hôpital de campagne de la base militaire de Ben Guerir).

A l’instar des autres pays du monde, cette pandémie a fini par paralyser la machine économique au Maroc. Ainsi, à l’horizon brumeux se dégageait une lueur d’espoir le 19 mars 2020 quand le Roi a donné ses instructions pour la création d’un Fonds spécial de la gestion de la pandémie. En sus de l’apport initial de l’ordre de 10 milliards de dirhams du Budget de l’Etat, c’est la holding royal Al Mada (ex-SNI) qui a ouvert la voie à une série de dons d’entreprises privées mais aussi d’établissements et d’institutions publics, de hauts fonctionnaires de l'Etat et de citoyens marocains.

Al Mada a misé gros. Elle a injecté 2 milliards de dirhams. Et l’effet d’exemple et d’émulation a joué son rôle. Un élan de solidarité qui a même dépassé toutes les attentes. Au final, plus de 33 milliards de dirhams ont été collectés, un record et un exemple qui n’a pas manqué de susciter l’admiration de par le monde. Cet argent a été mis à disposition du Comité de veille économique, présidé par le ministre des Finances Mohamed Benchaâboun, qui a fait montre de persévérance, de flexibilité et de tact pour gérer les pourparlers avec les représentants des professionnels des secteurs économiques les plus impactés mais aussi pour gérer plusieurs dossiers à la fois, dont les emprunts à l’international.

Aides financières
La machine des aides financières s’est alors mise en marche, pour venir en aide aux entreprises les plus impactées par le coronavirus. Des indemnités forfaitaires nettes ont été accordées à 900.000 salariés déclarés à la CNSS en arrêt temporaire d’activité, durant la période allant du 15 mars au 30 juin 2020, soit 1.000 dirhams pour le mois de mars et 2.000 dirhams pour les mois d’avril, mai et juin. Cette indemnité, prise en charge totalement par le Fonds Covid, annulait et remplaçait l’indemnité pour perte d’emploi prévue par le régime de sécurité sociale géré par la CNSS durant toute la période de crise.

Les entreprises en difficulté affiliées à la CNSS ont également bénéficié de la suspension des cotisations sociales du 1er mars au 30 juin 2020 avec remise gracieuse des majorations de retard. Ce n’est pas tout. Pour alléger les charges sociales, fiscales et financières des entreprises et faciliter leur accès au financement afin de soutenir leurs trésoreries et les aider à honorer leurs engagements financiers en vue de préserver les emplois, l’opérationnalisation du dispositif des crédits Oxygène et Relance (lancés le premier en mars et le second en juin), garantis de 80 à 95% par le Caisse centrale de garantie (CCG), a enregistré pas moins de 86.000 opérations de garantie de crédits consentis en faveur de 66.200 entreprises à fin 2020.

Dans ces actions d’apparence économique, il y avait un aspect humain et humaniste. Le Fonds a bénéficié à 5,5 millions de familles vivant dans la précarité et qui se sont retrouvées du jour au lendemain sans ressources. De mars à juin 2020, ces ménages ont bénéficié des aides de 800 à 1.200 dirhams par mois.

Relance économique
Mieux encore, le 9 avril 2020, le Roi a décidé d'exonérer des droits de bail les locataires des locaux des habous consacrés au commerce, aux métiers, aux services et à l’habitation. Et lorsque les répercussions socio-économiques se faisaient ressentir au plus haut degré, l’intervention du Roi a été, une fois encore, concluante. Le discours du Roi Mohammed VI, le 9 octobre 2020, à l’occasion de la rentrée parlementaire, a jeté les bases d’un plan de relance économique ambitieux de 120 milliards de dirhams (bien au-delà des 85 milliards introduits par le projet de loi de finances rectificative de 2020) et l’a placé en tête des priorités de l’Exécutif. Les directives royales contenues dans ce discours ont exposé les mécanismes de renforcement de la résilience sociale, à travers notamment la généralisation de la couverture et protection sociale, la promotion sociale et l’amélioration de la vie des citoyens.

Si ces mesures ont été prises pour juguler l’impact de la crise sanitaire et de celle économique qui en a découlé, c’était pour renforcer l’efficacité des restrictions sanitaires et de déplacement qui ont été imposés de manière stricte pendant les cinq premiers mois de la pandémie et qui ont été maintenues à ce jour avec un déconfinement circonspect et progressif en fonction des régions, des villes et même des quartiers.

Un confinement qui a été bien surveillé par un dispositif de sécurité draconien mené d’une main de maître par deux hommes connus pour leur rigueur, en l’occurrence Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, et Abdellatif Hammouchi, patron de la Sûreté nationale. Outre la dissuasion, l’application des amendes et autres sanctions ont fini par prévenir les plus récalcitrants qui faisaient fi, au tout début, des consignes à respecter ou du couvre-feu nocturne. A l’époque du confinement général, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, a milité pour le rapatriement au Maroc des Marocains bloqués dans les quatre coins du monde. L’opération a été achevée en juillet 2020. Durant les trois ou quatre mois qu’a duré leur séjour dans différents pays, le département de Bourita a mis sur pied une cellule de crise active qui s’est chargée de la prise en charge des frais d’hébergement des ressortissants marocains.

Le volet anticipatif du suivi royal de la stratégie de lutte contre la pandémie a permis d’entrer déjà dès le début de l’été 2020 dans des négociations avec les principaux laboratoires internationaux qui fabriquent des vaccins anti-Covid. Le Roi s’y est personnellement investi, notamment lors d’un entretien téléphonique le 31 août 2020 avec le président de la République Populaire de Chine, Xi Jinping. Ce qui a permis de conclure, vendredi 18 septembre 2020 à Rabat, un mémorandum d’entente pour l’acquisition en quantités suffisantes de vaccins anti-Covid 19 produits par la société R-Pharm.

Cette anticipation a eu le mérite de faire du Maroc le premier pays africain en termes de doses de vaccins administrées à la population (plus de 4 millions de Marocains ont reçu le vaccin à la mi-mars 2021. Petit rappel, c’est le Roi qui, à travers un communiqué du Cabinet royal en date du 14 décembre 2020, avait annoncé le lancement de la campagne de vaccination et la gratuité de l’opération. Dans les faits, la campagne a été officiellement lancée le 29 janvier 2021 au palais royal de Fès, par le Souverain, qui s’est fait pour l’occasion vacciner le premier, inspirant par là confiance à tous les Marocains.

Dans la gestion de cette pandémie, le gouvernement El Othmani était au front et devait déployer les actions préconisées. Ce dernier vient de publier son rapport intitulé «Un an de gestion de la pandémie Covid-19», une sorte de bilan des actions menées, depuis une année, dans le cadre de la lutte contre la pandémie du coronavirus et la crise qui s’en est suivie.

Le gouvernement au front
La lutte contre la pandémie a été étalée dans ce rapport comme une action qui a été menée en quatre temps: celui de la veille et de la préparation, allant de l’apparition des premières contaminations au niveau mondial à la détection du premier cas positif au coronavirus au Maroc, en date du 2 mars 2020; celui «de l’action d’urgence et de lutte contre la propagation dans le cadre du confinement général», du 2 mars 2020 au 25 mai 2020, marqué par la résistance collective et axée sur le confinement général au niveau national; celui allant de l’allègement des mesures de restriction et de la reprise sociale et économique du 25 mai au 20 juillet 2020, à l’approbation par le Parlement du projet de loi de Finances rectificative (PLFR), en date du 20 juillet 2020; et, enfin, celui de la préparation de la relance économique tout en poursuivant la lutte contre la pandémie du 20 juillet au 31 décembre 2020.

Le rapport cite le Discours du Trône de juillet, ceux de la commémoration de la Révolution du Roi et du peuple en août, de l’ouverture du Parlement en octobre, et les réunions tenues sous le patronage royal, telle que celle du 9 novembre 2020, dédiée à la mise en place du plan national de vaccination, ou encore les instructions royales pour la mise en place de la gratuité des vaccins en décembre de la même année.

Des décisions improvisées
Avec le lancement du plan national de vaccination et la mise en place des mesures de relance économique, poursuit le rapport, le Maroc est décidé à transformer la crise en opportunité, en mettant à profit les effets accélérateurs de cette conjoncture, d’un côté, et, de l’autre, la mise en valeur des diverses potentialités du Royaume.

Ce rapport n’évoque pas à l’évidence les faux-pas du gouvernement pendant cette crise sanitaire. Tout le monde convient que la pandémie et ses répercussions étaient imprévisibles. Le cabinet El Othmani, a, certes, particulièrement souffert de ce contexte fondamentalement inédit, mais il n’a pas fourni des efforts considérables pour communiquer, ne serait-ce que pour expliquer et argumenter des décisions prises à la dernière minute et de manière improvisée la plupart du temps.

Aussi, l’absence de cohérence entre les membres du gouvernement a été remarquée. L’on se rappelle encore de la soirée du 6 septembre 2020, quand tombaient deux communiqués contradictoires de la primature et du ministère de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, l’un taclant l’autre à 30 minutes d’intervalle. L’un disait qu’à partir de lundi 7 septembre, tous les élèves et étudiants vont devoir suivre leurs cours en mode distanciel vu la situation épidémiologique inquiétante.

L’autre expliquait que cette mesure s’appliquerait seulement aux écoles implantées dans des quartiers où des foyers de contamination ont été déclarés. Une autre erreur stratégique rappelle la décision du gouvernement de maintenir Aïd Al Adha (fête du sacrifice) en pleine saison estivale, ce qui a contribué à une hausse exponentielle des cas de contamination et de décès dès le mois de septembre 2020.

Un exemple de réussite
Ou encore les effets d’annonce ou les promesses non-tenues du ministre de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy, qui a longuement vanté, fin août 2020, la qualité de production et la conformité des respirateurs et lits de réanimation made in morocco destinés aux malades atteints du nouveau coronavirus (Covid-19), aux normes internationales en particulier relatives à la sécurité des patients.

«Vous parlez de quel lit de réanimation? Ni le lit de réanimation ni le respirateur marocains ne sont encore homologués à ce jour. Il faudrait qu’on éclaircisse la situation», a rétorqué le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb, en date du 17 octobre 2020. On notrea au passage la décision de l’ex-ministre de la Culture El Hassan Abyaba d’interdire la publication de la presse papier le 22 mars 2020 de peur que les journaux ne contribuent à répandre le virus à large échelle. Cette interdiction a pris fin le 26 mai quand on s’est rendu à l’évidence que cette hypothèse n’était pas vérifiée.

Tout bien pensé, le bilan de la gestion de la pandémie est somme toute satisfaisant. Car au final, l’état d’avancement de la campagne de vaccination nourrit l’espoir d’un retour à la vie normale et d’une reprise dans le futur proche de l’économie marocaine. Un espoir qui grandit au vu de la courbe descendante des cas de contamination et de décès. L’état d’avancement de la campagne de vaccination, qui place le Royaume parmi les premiers pays dans le classement mondial, est cité comme un exemple de réussite par la presse étrangère et notamment occidentale.