Maroc-États-Unis: Tête-à-tête à Rome de Bourita et Blinken

Pour la première fois, le ministre des Affaires étrangères a pu rencontrer dans la capitale italienne le chef de la diplomatie de Joe Biden.

La réunion tenue ce lundi 28 juin 2021 à Rome des ministres des Affaires étrangères des pays membres de la coalition mondiale contre l’organisation terroriste Daesh, a été l’occasion pour le chef de la diplomatie nationale, Nasser Bourita, de rencontrer pour la première fois en personne le secrétaire d’État américain Tony Blinken, après s’être jusque-là contenté d’un simple appel téléphonique le 30 avril 2021.

Et à en croire les deux photos relayées sur ses pages sur les réseaux sociaux par M. Blinken pour rendre compte de son entrevue avec son homologue marocain, celleci semble avoir été cordiale et à l’aune du niveau des relations s’étant nouées entre Rabat et Washington depuis la reconnaissance le 10 décembre 2020 par la capitale américaine de la souveraineté du Maroc sur son Sahara.

Certes, M. Blinken a encore une fois éludé la question de l’intégrité territoriale du Royaume -du moins publiquement-, mais ceci équivaut en même temps à une reconduction tacite de la décision qu’a prise le président Donald Trump, sachant que le successeur de ce dernier, Joe Biden, doit faire face depuis son investiture le 20 janvier 2021 à la pression de l’aile pro-séparatiste du Parti démocrate (PD), dont il est issu; aile où l’on trouve notamment l’ancienne représentante permanente des États-Unis à l’Organisation des Nations unies (ONU), Susan Rice, autrice en avril 2013 de la très controversée proposition de résolution voulant étendre la mission de paix onusienne au Sahara marocain de la MINURSO au monitoring des droits humains.

Stabilité et prospérité
Ainsi, MM. Bourita et Blinken ont à en croire le communiqué du ministère des Affaires étrangères publié dans la foulée surtout discuté de “l’évolution des relations bilatérales et des questions d’ordre régional, notamment la situation en Libye et au Moyen-Orient”; le reste du communiqué rappelant simplement la teneur des entretiens qu’avaient auparavant eus les deux hommes. Ce que M. Blinken a confirmé de son côté puisqu’il a également fait mention “des développements en Libye et [du] désir [commun] d’y voir la stabilité et la prospérité” ainsi que de “la paix et [de] la stabilité régionales”.

Sauf qu’à ces deux derniers éléments il a également ajouté celui des “droits humains, y compris la liberté de la presse”, que le ministre des Affaires étrangères a par contre complètement zappé. S’agirait-il, comme l’avancent certaines parties médiatiques, d’une référence indirecte au sort des journalistes Souleimane Raissouni et Omar Radi, tous deux poursuivis depuis l’année 2020 par la justice pour des affaires de viol et en soutien desquels le secrétaire général de l’ONG Reporters sans frontières (RSF), Christophe Deloire, avait fait le déplacement le 22 juin 2021? On en saura sans doute plus avec le temps...