Maroc-États-Unis: La guerre de l’intégrité territoriale se poursuit toujours

En dépit de sa reconnaissance de la souveraineté du Royaume sur son Sahara, le pays de l’oncle de Sam voit toujours les parties pro-séparatistes en son sein s’activer aussi bien dans les coulisses que sur le front médiatique.

Le Maroc ne compte pas que des amis aux États-Unis. La reconnaissance du 10 décembre 2020 par ces derniers de la souveraineté du Royaume sur son Sahara ne doit pas laisser croire le contraire. Ce que vient justement rappeler la lettre que viennent d’adresser le 15 octobre 2021 une dizaine de sénateurs américains au chef de la diplomatie et secrétaire d’État US, Tony Blinken.

Dans cette lettre, dont l’initiative revient au sénateur républicain de l’Oklahoma, Jim Inhofe, lesdits sénateurs demandent notamment à M. Blinken de pousser en faveur de la mise en place au sein de la Minurso, la mission de paix de l’Organisation des Nations unies (ONU) au Sahara marocain, d’un mécanisme de surveillance des droits humains. Ce qui reviendrait à remettre en question la marocanité des provinces du Sud, où le Maroc dispose déjà de ses propres instances souveraines par le biais des antennes régionales du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH): une proposition similaire émise en avril 2013 par la représentante permanente des États-Unis auprès de l’ONU, Susan Rice, avait d’ailleurs conduit à une crise diplomatique sans précédent entre le Maroc et l’administration Barack Obama.

M. Blinken ne devrait de toute façon pas donner suite, ayant déjà ignoré une lettre similaire en date du 17 février 2021 où, là encore, on retrouvait M. Inhofe à la baguette. Mais il ne faut pas pour autant minorer le pouvoir de nuisance de ce dernier, qui fut notamment à l’origine du retard d’environ une année pris par le président Donald Trump avant de signer le décret reconnaissant le Maroc dans son intégrité territoriale entière.

Pro-séparatistes notoires
Ainsi, M. Inhofe fait partie des soutiens les plus importants au sein de l’establishment américain à la séparation du Sahara marocain, ayant notamment à deux reprises visité, en février 2009 et février 2017, les camps de Tindouf en Algérie, où le mouvement séparatiste du Front Polisario maintient depuis novembre 1975 son quartier général. Et il était même allé jusqu’à bloquer, en août 2017, la nomination du diplomate Peter Pham au poste de secrétaire d’État adjoint en charge des Affaires africaines simplement parce que ce dernier est réputé proche du Maroc.

En dehors de M. Inhofe, on dénombre aussi parmi les pro-séparatistes notoires le sénateur démocrate du Vermont, Patrick Leahy. Plus ancien sénateur en poste -il a été élu pour la première fois en novembre 1974- et président de la commission des crédits du Sénat, il a, bien évidemment, aussi bien signé la lettre des sénateurs du 15 octobre 2021 que celle du 17 février 2021, dont il fut même avec M. Inhofe l’initiateur.

De même qu’on l’a vu profiter des discussions autour du budget fédéral au Congrès pour évoquer le sujet de la surveillance des droits humains par la Minurso. Ces discussions, toujours en cours, ont justement donné la part belle au Sahara marocain, et ce aussi par le truchement de la question du futur consulat américain de Dakhla. Censé avoir une vocation principalement économique, ce dernier pourrait voir sa construction ajournée, du fait notamment de l’opposition du sénateur démocrate du Delaware, Chris Coons, qui a évoqué des considérations principalement économiques. Autant dire qu’il faut garder l’oeil ouvert...