Maroc-Espagne: José Manuel Albares bientôt à Rabat ?

Le ministre des Affaires étrangères espagnol a fait profession publique de son voeu d’effectuer un premier déplacement dans le Royaume, et plus tard aussi “un deuxième, un troisième et un quatrième”.

La réconciliation entre le Maroc et l’Espagne continue bon train. Durement éprouvées par la décision de la voisine du nord d’hospitaliser, pendant une bonne partie du printemps et ce en voulant au départ le cacher au Royaume, le secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, après son atteinte de la Covid-19, les relations entre les deux pays semblent s’améliorer depuis le départ, le 12 juillet 2021, de la tête du ministère des Affaires étrangères espagnol de Arancha Gonzalez, encore mise en cause par son ancien directeur de cabinet, Camilo Villarino, devant la justice pour avoir facilité l’entrée sous fausse identité diplomatique algérienne du leader séparatiste sahraoui sur la péninsule Ibérique.

Le successeur de Mme Gonzalez, à savoir José Manuel Albares, multiplie en tout cas depuis son entrée en fonction, et ce à l’instar d’ailleurs du président du gouvernement espagnol lui-même, Pedro Sanchez, les messages d’apaisement à l’adresse de la partie marocaine, et il pourrait même bientôt effectuer son premier voyage à Rabat. Questionné par El Pais dans une interview qu’il a accordée au quotidien espagnol pour son édition du 12 septembre 2021, M. Albares n’a, ainsi, pas démenti l’imminence d’un déplacement dans la capitale, allant jusqu’à faire de son intention d’y ajouter “un deuxième, un troisième ou un quatrième”. “Il s’agit de construire une nouvelle relation sur des bases solides afin que les crises entre l’Espagne et le Maroc ne soient pas quelque chose de cyclique auquel les ministres des Affaires étrangères successifs doivent faire face,” a-t-il expliqué.

Appui direct
Il y a là, bien sûr, de la mauvaise foi de la part du concerné, puisqu’il fait l’impasse sur le fait que la crise de cette année est à mettre totalement sur le compte du gouvernement espagnol, mais on peut ceci dit relever un changement de ton positif par rapport à ce dont était devenu coutumière, au cours de ses derniers mois de fonction, Mme Gonzalez.

M. Albares n’a, à cet égard, pas voulu mettre en cause le Maroc dans l’afflux de milliers de candidats à la migration irrégulière dont avait fait l’objet, à la mi-mai 2021, le préside occupé de Sebta, se contentant de dire que “jusqu’à présent, tous les signes que nous voyons indiquent que la volonté pour que ces situations ne se répètent pas est partagée”, tout comme sur le sujet particulier du Sahara marocain il a indiqué que “la position de l’Espagne est claire”, que “c’est le cadre des Nations unies” et qu’“il y a une série de résolutions du Conseil de sécurité et [que] l’Espagne se déplace dans ces paramètres”.

Un propos, en somme, équidistant, qui lui permet à la fois de ménager le Maroc, pour qui cela constitue un appui indirect à son plan d’autonomie, mais aussi l’Algérie, dont dépend en partie l’approvisionnement espagnol en gaz. Faisant justement mention des relations entre les deux pays maghrébins, rompues, comme chacun le sait, depuis le 24 août 2021 par le régime algérien, M. Albares a estimé que “ce sont deux grands pays, deux partenaires stratégiques et deux pays amis”.

“Nous allons toujours au travail pour que les amis, surtout quand ce sont nos voisins, aient les meilleures relations possibles,” a-til déclaré. Pas sûr toutefois que l’Algérie, qui vient officiellement de rejeter les médiations proposées par l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Mauritanie ou encore le Qatar, veuille l’entendre de la même oreille...