Le Maroc plus que jamais engagé dans le continent

Aides médicales en faveur de quinze pays africains

Le crédo africain du roi Mohammed VI pourrait se résumer dans cette phrase prononcée fin février 2014 à Abidjan: “L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique”.

Si les aides en produits et équipements de protection décidées par le roi Mohammed VI, le 14 juin 2020, en faveur de quinze pays africains sont venus rappeler une chose, c’est que le Maroc ne fait pas que discourir quand il plaide, depuis quasiment son indépendance, la coopération entre les pays du continent. Ainsi et même si lui-même est durement touché par la pandémie de Covid- 19, qui devrait au minimum grever son produit intérieur brut (PIB) de cette année de cinq points, il n’en a pas moins pris sur lui donc de fournir ces aides, qui pour rappel consistent en “près de 8 millions de masques, 900.000 visières, 600.000 charlottes, 60.000 blouses, 30.000 litres de gel hydroalcoolique, ainsi que 75.000 boîtes de chloroquine et 15.000 boites d’azithromycine”, comme l’avait précisé un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger.

Et déjà, le Royaume avait pris l’initiative dès le 13 avril, en partenariat avec la Côte d’Ivoire et le Sénégal, d’appeler à l’établissement d’un cadre opérationnel visant à accompagner les pays africains dans leur lutte contre la pandémie. L’Afrique constitue, pour ainsi dire, un véritable point d’ancrage pour le Maroc et surtout, en l’espèce, pour le roi Mohammed VI, sous le règne duquel, il faut le souligner, pas moins de 1.000 accords ont été signés, contre à peine la moitié sous ses prédécesseurs, à savoir Mohammed V et Hassan II, alors qu’il a pourtant eu deux fois moins de temps pour ce faire. Considéré, au plan continental, comme un des principaux promoteurs du discours panafricaniste -on lui attribue souvent d’ailleurs, dans les médias internationaux, le qualificatif d’“Africain”-, le Roi a ainsi souvent lui-même sillonné le continent, à l’instar de ses trois fameuses tournées qui en moins de quatre mois l’avaient mené, de fin novembre 2016 à fin février 2017, au Rwanda, en Tanzanie, au Sénégal, en Éthiopie, à Madagascar, au Nigeria, au Ghana, au Soudan du Sud, en Zambie, en Guinée et en Côte d’Ivoire, soit onze pays au total.

Lors de ces tournées, il actera notamment à Addis-Abeba, où siège l’Union africaine (UA) depuis sa création, le retour du Maroc dans les instances continentales, et dans un discours très émouvant resté dans les mémoires il dira de l’Afrique qu’elle “est [son] continent, et [sa] maison”.

Partenaire crédible
Le crédo africain de Mohammed VI, il pourrait se résumer dans cette phrase lâchée fin février 2014 à Abidjan, à l’occasion du Forum maroco-ivoirien: “L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique”. Chose qui trouve sa traduction concrète dans la propre politique menée par le Maroc dans le continent, et qui en a fait, au fur et à mesure, le deuxième pays africain à y compter le plus d’investissements, seulement derrière l’Afrique du Sud.

En Afrique de l’Ouest en particulier, le Royaume occupe même le premier rang, brûlant entre autres la politesse à la France en Côte d’Ivoire après des années pourtant de domination. Autant d’éléments qui ont permis, au fil des années, à l’ériger en tant que partenaire crédible et digne de foi et qui, par ricochet, s’est notamment répercuté sur la question de la défense de son intégrité territoriale, puisqu’on a vu au cours des derniers mois par exemple neuf pays africains ouvrir des consulats au Sahara marocain. Gagnant-gagnant, en somme, comme il est désormais de coutume de dire.


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