Le Maroc auréolé pour son rôle dans le dossier libyen


Le mardi 6 juin 2023 marque une date importante dans l’avancement du processus politique en Libye. A Bouznika, les deux parties représentées par Khaled Michri et Aguila Salah se sont mises d’accord sur les lois électorales. Un consensus trouvé sur influence de la diplomatie marocaine, félicitée par tous les acteurs.

La Libye se remet difficilement de la chute du régime de Mouammar Kadhafi. Embourbé dans une guerre fratricide depuis 2012, le pays de Omar Al Mokhtar peut enfin voir le bout du tunnel. C’est en tout cas ce que laisse entendre le parlementaire, Mouloud al Aswad, a salué les efforts du haut conseil d’Etat et la Chambre des représentants et espère que l’accord permettra de stabiliser le pays : «Nous avons réussi à signer des accords sur les lois législatives et présidentielles avec l’accord de tous les membres de la commission et nous espérons que cette étape sera bénéfique pour la stabilité de la Libye qui permettra d’organiser des élections législatives et présidentielles cette année.»

De son côté, le chef de la délégation de la Chambre des représentants au Comité, Jalal Al-Shuwaidi, a expliqué que l’accord devra être signé par les présidents de la Chambre des représentants et du Haut Conseil d’État afin d’entrer en vigueur. Selon le chef de la délégation du Haut Conseil d’Etat, les lois approuvées par la commission permettent à tout le monde de se présenter et n’excluent personne de la participation aux élections.


Manoeuvre très habile
Fathallah Houssine, membre du Haut Conseil libyen, a qualifié l’accord de satisfaisant et juste : «Le travail a été satisfaisant; il a pris en considération les opinions de toutes les parties et a abouti à un consensus de tous les membres”. “Quelle que soit l’issue des élections, la diplomatie marocaine va sortir grandie de cette manoeuvre très habile.

Car en appuyant sur la nécessité de voter les conditions des élections, le Royaume évite à l’ONU la formation d’un nouveau gouvernement de transition qui pourrait s’éterniser”, nous explique Jalel Harchaoui, expert de la question libyenne et chercheur au Royal United Services Institute for Defence and Security Studies, think tank britannique. Selon lui, même si la question de la candidature (non-voulue par l’ONU) de Saïf Al Islam Kadhafi demeure une épine dans le processus politique, l’avancée demeure notable.

D’ailleurs, le mercredi 9 juin, les Nations-Unies par la voix du porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, ont exprimé leurs remerciements au Maroc pour ses efforts de facilitation visant à parvenir à des compromis sur les lois électorales entre les parties libyennes réunies à Bouznika. “Nous remercions le Maroc pour avoir facilité les efforts” des membres de la commission mixte “6+6”, chargée par la Chambre des représentants et le conseil d’État libyens de préparer les lois électorales, a souligné le porte-parole en réponse à une question posée lors de son point de presse quotidien à New York.

Le lendemain, c’est l’Union africaine qui s’est jointe à l’ONU, “je félicite le Royaume du Maroc pour sa facilitation”, a déclaré le Président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat. La réunion de Bouznika s’inscrit dans le prolongement de la série de rencontres qu’abrite le Royaume, réunissant les différentes parties libyennes en vue d’approfondir le dialogue sur les voies et moyens à même de mener au règlement de la crise dans ce pays.

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