"LE MAROC NE FAVORISE PAS LA COMPÉTITIVITÉ ET PROTÈGE LES MONOPOLES"

SELON UN THINK-TANK BRITANNIQUE

Le dernier rapport du Legatum Institute sur l’ouverture économique classe le Maroc au 72e rang sur 150 pays. Si le Maroc a réalisé plusieurs progrès et réformes, la compétitivité de son économie est plombée par un système favorisant les monopoles et un gouvernement inefficace en termes de lutte contre la corruption.

Le Maroc est encore à la traîne en matière d’ouverture économique. Un rapport du thinktank britannique Legatum Institute classe le pays au 72e rang mondial pour l’ouverture économique et 9e dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA). L’indice classe plus de 150 économies en fonction de quatre critères: l’accès au marché et l’infrastructure, l’environnement des affaires, les conditions d’entrepreneuriat et la gouvernance.

Si le rapport salue les efforts du Maroc en matière de réformes et d’investissements dans les infrastructures, il alerte toutefois sur la nécessité d’améliorer le marché du travail et de protéger les droits des travailleurs afin de réduire les niveaux élevés du chômage et du secteur informel. Il s’agit également d’augmenter l’ouverture à la concurrence du marché domestique, contribuant ainsi au développement de la compétitivité et à l’accès au marché des petites entreprises marocaines. Pour garantir un marché domestique juste et compétitif, le think-tank recommande l’élargissement et le renforcement du rôle du secteur privé.

Mauvaise gouvernance
Les possibilités pour les entreprises publiques de bénéficier d’un accès privilégié aux marchés devraient aussi être réduites ainsi que la levée des barrières à l’entrée qui protègent les opérateurs en place. Il faudra aussi renforcer le rôle des régulateurs des secteurs économiques, selon le rapport. «Le marché intérieur du pays est très concentré, ce qui rend difficile l’entrée de nouvelles et petites entreprises sur le marché», regrette le rapport. Une situation qui facilite l’émergence de plusieurs monopoles, tout en protégeant les opérateurs en place. «La prospérité est bien plus qu’une richesse matérielle, mais sans économie ouverte et compétitive, il est très difficile de créer un bien-être social et économique durable.

Notre rapport démontre que la mise en place de politiques qui encouragent la concurrence, l’innovation et le transfert des connaissances sera vitale pour le rebond du Maroc en période post-Covid, atténuant ainsi les effets de la pandémie et contribuant à améliorer la vie de tous les Marocains», déclare Stephen Brien, directeur des politiques à l’Institut Legatum et auteur du rapport.

Concernant le critère gouvernance, le Maroc est un mauvais élève. Il se classe 98e sur 150 économies, perdant 16 places depuis 2010. «Les réformes récentes montrent des signes prometteurs de lutte contre la corruption, avec une nouvelle loi de protection des lanceurs d’alerte et des réformes visant à rendre les marchés publics plus justes. Cependant, on a toujours l’impression que les promesses et les actions à entreprendre de l’Exécutif ne sont pas suffisamment fortes dans la pratique.

L’efficacité du gouvernement est également entravée par un manque de responsabilité et un système parlementaire fragmenté, sans oublier les problèmes liés au système judiciaire actuel», souligne le rapport.


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